A l’heure de la transformation « Digitale » …

J’ai retrouvé un article que j’avais écrit peu avant de prendre ma retraite (il y a plus de 2 ans, aussi, je l’avais complètement oublié !) car je n’étais pas satisfait de certains comportements “managériaux”. Je vais donc conserver cet article  ici dans ce Blog qui est un peu le réceptacle de ma mémoire et car je crois que ce que j’avais écrit est toujours d’actualité ici ou là  … Mon but n’était  pas de critiquer sottement mais de faire progresser (je le croyais alors) . J’écrivais habituellement sur un ton badin mais là j’avais été un peu moins « positif » ! Je m’autorisais quelque chose de  « critique » en terme de «psychologie des organisations» (un sujet qui m’a toujours passionné) …

Lapproche-formelle-des-organisations-du-travail

Notre époque toute en communication, valorise paradoxalement l’imposture …

Conduire une réunion, présenter un rapport, animer une conférence, vendre une prestation … autant de situations dans lesquelles le diaporama appelé aussi « PowerPoint » du nom du logiciel le plus couramment utilisé, est devenu un incontournable. Mais, alors que la révolution du tout  numérique offre l’opportunité de mieux fonctionner en réseau j’ai parfois constaté qu’elle facilite par là même occasion l’expression des manipulateurs de tous poils. Comme par exemple au travers de ces fameuses présentations qui sont devenues indispensables.

Pourtant je ne suis  pas le dernier à avoir fait du « copier/coller », je le reconnais bien volontiers !  … Mais il y a des degrés dans l’imposture et fort heureusement l’écart est large entre l’ensemble des dissimulations et autres plagiats auxquelles nous ne pouvons pas échapper de par notre nature qui a horreur de dépenser de l’énergie inutilement. En effet, pourquoi réinventer l’eau tiède quand elle existe ? Le tout est d’en être conscient, afin de pouvoir s’ajuster.  De mon point de vue ce comportement n’a rien de mal s’ il opère dans un objectif positif, voire pédagogique, qui ne doit pas nuire à autrui. (« Primum non nocere » étant un principe de base dont je partage le bien-fondé) . Il convient donc de distinguer la vraie imposture de ces petits arrangements qui nous aident à vivre et à progresser collectivement.

La motivation principale du présent article provient de mon exaspération devant certaines pratiques, certes à la marge, mais qui me paraissent à proscrire à l’heure de la transformation « Digitale ». (En effet, je ne pense pas qu’il soit possible de mener à bien une quelconque transformation, sans se transformer soi-même). J’ai ainsi pu observer il n’y a pas si longtemps les dégâts occasionnés par certain manager, qui , pathologiquement centré sur lui-même, a passé son temps à faire semblant d’être sur le coup. En particulier en affichant l’importance de ses responsabilités et des réalisations qu’il n’avait pas vraiment finalisées via des présentations PowerPoint « choc » où tout était « creux » mais bien présenté, sans vraiment avoir pris l’avis de ses équipes. C’est ainsi  qu’il a pu  donner le change par le « teasing » incessant de réalisations supposées alors même que personne n’en avait vraiment contrôlé de près la validité ni l’efficacité. Seuls les équipiers distants concernés, mortifiés de ne pas avoir été consultés, le savaient et ont très vite et de façon assez unanime, perdu toute confiance en ce responsable. La conséquence directe est qu’ils ont pratiquement tous finis par se désengager avec plus ou moins de bonheur de ces pratiques toxiques !  

La vraie nuisance est là : par l’ignorance (volontaire ou involontaire) des  construits collectifs, point de capitalisation du savoir possible, pas de libération de l’intelligence collaborative, pas de co-construction profonde et durable, pas de cohésion d’équipe, pas « d’agilité » mais juste de l’affichage de pure forme … Ce genre d’incivilité conduit immanquablement à la perte  de connaissances à forte composante tacite, essentiellement détenue par ces experts qui ne souhaitant plus collaborer, sont partis sans le moindre transfert de compétences ! Dans ces conditions il devient impossible de combiner la gestion des connaissances et la capitalisation centrées sur les experts/sachants et les projets. La force de l’équipe ne peut plus être exploitée. Par contre la personne dont il est question a pu ainsi gagner du temps, dans une sorte de « cavalerie », sautant d’une activité à l’autre pour se couvrir, sans jamais avoir vraiment terminé la précédente. Mais la bulle médiatique n’est que du vent ! Comptant sur l’inertie du système le fautif sera passé à autre chose lorsqu’elle explosera ! Un autre point à surveiller :  en une époque où les départs nombreux de personnels Seniors nécessitent un ré-ingeniering des processus pour faire avec moins de monde, méfions-nous de ne pas jeter le « Bébé avec l’eau du bain » par méconnaissance des détails.

Sachant à quel point il est  difficile d’établir une bonne collaboration  au sein d’un service je considère que ce type de comportement est à proscrire quand on est sensé le diriger ! Surtout quand un de nos leitmotiv est de mettre le numérique au service des équipes, pour changer la façon dont les collaborateurs travaillent, interagissent, et créent de la valeur. D’autant que la collaboration ne se crée pas spontanément et que la seule interaction entre les acteurs n’est pas suffisante pour l’émergence d’une identité collective. En effet, la connaissance se crée et s‘assimile dans l’action, la relation, les échanges, les interactions pilotées, les dépendances assumées dynamiquement et grâce à la confiance ! Qu’un manager se joue ainsi de ses équipiers pour son propre compte me parait être une faute grave quand on souhaite faire de la collaboration un état plus permanent et plus stable des pratiques de travail et des rapports humains.

Pour prétendre conduire une équipe, selon moi, deux qualités sont essentielles: la loyauté et l’authenticité. Il faut être capable d’écouter et ne pas changer sans cesse d’avis. Or, certains peuvent tenir n’importe quel discours. Souvent inconscients, ces manipulateurs font tourner le monde autour de leurs propres intérêts, sans se soucier des conséquences pour les autres, en pensant qu’avec le pouvoir ils pourront garder le contrôle. Le problème est qu’ils ne s’approprient jamais vraiment les valeurs ou les principes qu’ils feignent de défendre. Ils ne s’embarrassent pas non plus du détail en le justifiant par un souci de simplification, alors qu’il ne s’agit que de simplisme. Ils ne sont  pas forcément méchants, ou mauvais, ce sont avant tout des opportunistes.

Comme dans le monde politique ou médiatique, les environnements professionnels ne manquent pas de ce genre de déviance!  Eh oui ! Dans la complexité de nos sociétés et organisations éclatées géographiquement, il est facile  de « briller » via les moyens puissants de communications que nous apporte le « Numérique » en utilisant ou s’appropriant maladroitement le travail fait par d’autres. En particulier dans le milieu professionnel où il faut plus que jamais prouver sa valeur et où il n’est pas rare de passer plus de temps à devoir rendre compte de ce que nous faisons plutôt qu’à le faire. Les équipes consacrent énormément de temps à la gestion des tâches plutôt qu’à leur réalisation. Conséquence : certains élaborent des stratégies trompeuses pour «gagner» ou répondre à des demandes qu’ils sont incapables de satisfaire. Il faut aller vite. Mais penser, réfléchir, élaborer, conceptualiser demande du temps et nécessite de gagner la confiance de ses collaborateurs. Or, nous n’avons pas toujours  les moyens intellectuels ou le profil psychologique ni les compétences pour aller au rythme souhaité. Et il en va de même pour les points de contrôle – ils sont souvent inexistants dans ce monde de plus en plus virtuel où l’écume des choses et les contenants ou la forme comptent plus que la profondeur des contenus, car cela est plus facile à mettre rapidement en visibilité. On présente le haut de l’iceberg, sans connaître la partie immergée.

Dans un tel contexte, certains comprennent très vite qu’ il est beaucoup plus efficace de mettre des talons ou des échasses pour faire semblant d’être à la hauteur et pour être reconnus socialement et affectivement. C’est comme si, pour eux, il n’y avait pas, hors les apparences, d’autres moyens. Mais attention car à force de regarder le compteur, ils ne voient plus la route. C’est comme cela, qu’ils peuvent aller dans le décor. Méfiance donc, car si l’on y prend garde ils peuvent nous entraîner avec eux … C’est pourquoi il ne faut jamais laisser abdiquer l’entendement humain en étant  capable de s’opposer à ce genre de déviance par une meilleure collaboration, plutôt qu’un repli sur soi (encore plus facile à distance)  et si cela est encore possible, en entrant de concert dans une boucle vertueuse d’amélioration comportementale. Cela peut demander du courage, du temps  et de l’opiniâtreté  tant ce genre de « profil »  sait être prompt à capter l’intérêt des décideurs et faire passer les esprits critiques pour incompétents ou « inadaptés » aux transformations …

Pour conjurer tout cela il faudrait selon moi, plus  valoriser la capacité à créer la confiance, la cohésion, la cohérence et se donner les moyens de jauger  l’engagement collectif, la fierté d’appartenance et non pas uniquement ce qu’affiche ou proclame tel ou tel leader, tel ou tel homme ou femme providence, tel ou tel « manager » … L’entreprise collaborative doit se caractériser par un certain degré d’autonomie et d’initiative laissé aux collaborateurs, une certaine forme de subsidiarité qui est exigeante en termes d’engagement. En définitive c’est l’équipe qui produit des résultats et non pas l’individu qui la dirige. Un leader qui n’a pas su travailler en équipe,  ne peut en aucun cas capter ma confiance.  Sauf à être génial, on ne peut pas avoir raison tout seul !

Un tel comportement met en évidence l’inadaptation du mode managérial « top-down » classique,  totalement ringardisé par ce monde devenu totalement transverse, où les relations en réseau explosent littéralement, en particulier au travers de réseaux sociaux internes ou externes. Les rapports entre les individus ont beaucoup évolué et le paradigme d’une certaine domination touche à ses limites. Est venue l’époque  où les subordonnés peuvent avoir une bien plus grande créativité et efficacité que la cascade managériale verticalisée sensée les diriger – C’est ce qu’on appelle « l’empowerment« , faculté de transformation personnelle voire collective, pratique émancipatrice, que le Digital rend possible – Les employés passent du statut d’exécutants à celui de « Knowledge Workers », ces employés autonomes qui ont accès à l’information leur permettant de prendre rapidement des initiatives de manière décentralisée. De plus, dans un environnement aujourd’hui « mondialisé » les notions ‘d’équipes », de « périmètre »,  au sens classique du terme, font de moins en moins sens du fait de la dissémination géographique, de la diversité culturelle, de l’intrication ou la dilution des responsabilités. Dans ces conditions il n’est pas simple de « gérer » des groupes « morcelées » et « à distance », et il n’est pas rare de voir refaire ici ce qui a déjà été fait là – en plus mauvais. En outre, la présence « physique » n’étant plus la règle, les managers étant éloignés de leurs collaborateurs, il leur devient difficile de percevoir les expertises réelles des personnes qui fonctionnent à distance en toute autonomie, ni les contacts directement établis, de même que les signaux faibles et/ou  informels qui portent eux aussi pas mal d’informations intéressantes. Pour certains, encore pathologiquement centrés sur leur ego, il est alors plus facile de faire de l’affichage sans la confrontation directe et le feedback immédiat de contributeurs éloignés et anonymisés qui eux, n’oublieront pas cette « trahison » comprenant fort bien qu’il s’agit là d’un pilotage purement mécaniste et pas d’une équipe et, au final accepteront difficilement de « collaborer » à nouveau.

En conclusion, je pense que les modèles de gouvernance intermédiaire « historiques », « verticaux » sont devenus obsolètes et que de nouveaux modèles  de management et de gratification sont nécessaires (J’enfonce certainement des portes ouvertes !). Les rapports de pouvoir sont à redéfinir afin de permettre un engagement de chacun. N’oublions pas que ce n’est pas son habileté à résoudre des problèmes qui rend une organisation intelligente, c’est l’habileté de ses membres à créer un « univers de significations partagées », un acte cognitif qui implique d’écouter ses collègues et d’accueillir l’unique perspective de chacun. Cela n’empêche nullement la prise de décision, bien au contraire et les décisions pertinentes seront prises plus vite.

Bien sûr, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : il ne faut pas que la bienveillance se transforme en complaisance ! L’entreprise n’étant pas encore un organisme philanthropique, il est bien entendu que le « Manager » doit toujours pouvoir réagir vite et vigoureusement vis-à-vis de ceux qui ne fournissent aucun travail utile au service. Mais ceci est une autre histoire !

En terme de culture et de management il s’agit d’ un véritable challenge !

Mais c’est un sujet passionnant.

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Afin de nous entreconnoistre tous …

Voici un extrait d’un texte de La Boétie que je viens de découvrir. Il date de 1548 et reste pourtant d’une extrême modernité !!!

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Dans le “Discours de la servitude volontaire”, ce texte majeur de la philosophie politique, La Boétie  s’attache à démontrer qu’il suffirait à l’homme de ne plus vouloir servir pour devenir libre ; « afin de nous entreconnoistre tous pour compaignons ou plustost pour frères …  » Voilà une réflexion annonciatrice de la déclaration des droits de l’homme : Liberté, égalité, Fraternité ! Qui allait ainsi faire naître un concept qui n’a jamais été autant d’actualité : La Laïcité … C’est pourquoi, je pense que la France est de ce point de vue très en avance car cela est dans les gènes de la pensée Française, et depuis bien avant sa Révolution Française et le siècle des Lumières. C’est pourquoi je pense aussi qu’on on ne peut pas d’un coup d’un seul, je dirai “ex nihilo”, devenir porteurs d’une pensée émancipatrice. Il nous en a fallu des Siècles, des erreurs et des fureurs, pour arriver à une pensée libre et à la Démocratie !!! Comme Montaigne cet autre précurseur,  l’a été, je pense que j’aurai voulu être l’ami de cet homme là … Aujourd’hui, qui, à 18 ans à peine comme La Boétie quand il a écrit ce texte, serait capable d’avoir une pensée et une écriture aussi déliées ? Hein ? LOL, MDR … ça craint grave.

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L’ordre serait néfaste ?

J’entends de plus en plus dire ici et là que l’ordre serait néfaste…

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Alors réfléchissez à ceci :

Vous pouvez grâce à l’ordre, par exemple, créer des textes, partager des idées, des sons, des images au travers de cette interface Homme/ Machine qu’est votre ordinateur faisant fonctionner des tas de logiciels vous permettant de communiquer de multiples façons avec le Monde entier par le réseau Internet. Pourquoi ? Comment “l’ordre” a-t’il rendu cela possible quand on sait que le sous bassement de la matière de notre réalité est régit par le chaos quantique, un désordre d’énergie ? 

On sait en effet maintenant que ce chaos quantique a une énergie considérable, cette énergie chaoïde serait supérieure à l’énergie de la matière ordinaire. Elle pourrait avoir joué un rôle dans l’apparition de notre Univers réel et ensuite dans son inflation. A ce niveau du vide quantique, ni la lumière ni la matière,  ne sont des objets. Ce sont des phénomènes d’émergence de structure et de rythme. Ils sont fondés sur un grand nombre de particules potentiellement réels (mais pas encore réelles car leur énergie dans le vide quantique est inférieure à leur énergie de masse).

Ainsi , c’est le désordre qui est le substrat du Réel et non l’ordre. Ce dernier émerge d’un grand nombre d’interactions déterministes sur des éléments désordonnés. C’est avec l’ordre que notre réalité apparait ! Dans cette réalité “macroscopique”, naturelle, au sein de la matière que nous touchons, l’ordre s’installe en chef d’orchestre. A ce niveau, les particules sont régies par des forces extrêmement précises qui les agencent, les orientent, les animent, les font évoluer (Force nucléaire forte, force nucléaire faible, force électromagnétique, force gravitationnelle …)

L’énergie se façonne alors en corpuscules puis en atomes et en molécules pour arriver à constituer des protéines, ces molécules extrêmement complexes qui sont les agents de la vie .  Mais qu’est-ce qui a poussé l’énergie puis les corpuscules et la matière, à évoluer du simple vers le complexe, des êtres unicellulaires aux animaux puis à l’homme, c’est-à-dire à la conscience ? Il a bien fallu une dimension “informationnelle” pour mettre en forme l’énergie puis la matière, luttant ainsi contre l’entropie qui tend naturellement à la désorganisation des structures de la matière.  

Je peux alors admettre que chaque particule comprend un «ordre explicite» résultant d’informations actives contenues énergétiquement dans un «ordre implicite» sous-jacent. Ainsi, un système qu’il soit organique ou artificiel est avant tout déterminé par ses constituants, eux-mêmes étant des systèmes constitués à un autre niveau, chaque niveau étant défini par le type d’énergie qui est mis en œuvre.  Notre monde physique, dont nous faisons partie, se révèle être un jeu d’interactions de différentes natures à différents niveaux. À l’échelle globale, c’est une dynamique chimique et gravitationnelle : les cellules sont organisées autour de dynamiques chimiques et à l’intérieur de chacune d’entre elles, des échanges électromagnétiques et ioniques maintiennent la cohésion. On pourrait continuer le raisonnement jusqu’aux échelles moléculaires, atomiques et particulaires. Chaque étage de la construction est ainsi une spécificité énergétique, matérielle et informative.  Ce qui signifie que des énergies invisibles, intangibles et infiniment puissantes ainsi que des protocoles « informationnels » hautement imbriqués et agencés par l’évolution Darwinienne sont à la base de l’univers réel. Ils ne peuvent pas être perçus par nos sens humains, parce qu’ils font fonctionner nos sens. L’information apparait donc comme un ingrédient fondamental de la marche de l’univers.Dans notre réalité, l‘information, la matière et l’énergie sont indissociables. Et lorsque l’on considère le triplet Matière – Énergie – Information, tout objet réel apparait comme une combinaison de ces 3 dimensions. La « réalité » c’est donc l’émergence de propriétés stables au sein d’un vide sous jacent  très instable, très désordonné.  Les stabilités que nous percevons ne sont donc que structurelles et fondées sur une agitation sous-jacente. L’ordre est un produit émergent du désordre.

« A nos yeux, à l’œil nu, rien ne change. Mais si nous pouvions voir avec un agrandissement d’un milliard de fois, nous verrions que, de son propre point de vue, la nature change sans cesse ; les molécules sont sans cesse en train de quitter une surface matérielle et d’autres sans cesse en train d’y tomber. » expose le physicien Richard Feynman.

LE DESORDRE TOTAL est le substrat de notre Univers perceptible !

Cependant si un système est d’abord un ensemble d’éléments, il ne s’y réduit pas. On ne peut obtenir le comportement de l’ensemble comme somme de ceux des parties et on doit tenir compte des relations entre les divers systèmes secondaires et les systèmes qui les coiffent pour comprendre le comportement des parties. Cette idée s’éclaire par le fait qu’ au niveau global, peuvent apparaître des propriétés non déductibles des propriétés élémentaires. Ces nouvelles caractéristiques apparaissent à un certain degré de complexité.  Et et on sait aujourd’hui que le degré d’organisation d’un système est d’autant plus grand qu’importante est la quantité d’information nécessaire à sa description. Ainsi en mettant en communication ses éléments l’information permet-elle de définir, de contrôler et faire évoluer l’organisation d’un système pour faire « naître » de nouvelles propriétés.  Et c’est ainsi qu’à partir de cette matière “naturelle” primitive, créée par les énergies du chaos quantique, après des millions d’années d’évolution notre conscience et notre intelligence humaine ont fini par  émerger, se structurer pour accoucher d’un Ordre supérieur ! (Oui pour moi ce n’est pas un type barbu qui a créé ça en 2 jours …)

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Je cite pour illustrer mon propos, Hubert Reeves,  dans un de ses premiers ouvrages: L’heure de s’enivrer – au sous-titre évocateur: «L’univers a-t-il un sens?»:«Nous émergeons (les hommes) d’une lignée d’ancêtres où nous reconnaissons, tour à tour, et en ordre chronologique inversé, les primates, les reptiles, les poissons, les cellules, puis, auparavant, les molécules géantes, les molécules simples, les atomes, les noyaux, les nucléons, et les particules élémentaires du Big Bang. Cette remontée jusqu’à l’origine de notre arbre généalogique nous révèle notre insertion dans le grand mouvement d’organisation de la matière universelle et notre parenté profonde avec tout ce qui existe. En même temps, nous comprenons un peu mieux comment l’organisation et la complexité ont pu émerger du chaos primordial.»

Cet ordre si “créateur” apparait maintenant encore plus parfaitement dans nos constructions technologiques de ces dernières décennies – comme par exemple pour communiquer via Internet : Par l’agencement logique d’instructions activées séquentiellement ou en parallèle – par des codages programmés sur la base de l’extrême ordre de langages et de protocoles complexes mais clairement définis et normalisés internationalement par nous, mathématiquement articulés par nous à différents niveaux d’abstraction, mémorisés dans l’extraordinaire formatage  des disques durs fabriqués par nous, dans ce qu’on appelle des “secteurs”, codifiés, rangés, numérotés – pour leur permettre d’abriter des centaines de milliards d’éléments binaires, ordonnés eux mêmes en séquences extrêmement bien agencées et codifiées par nous et nos machines !!! Dans le soubassement de cette réalité, des atomes, des électrons, eux-mêmes agencés dans une circulation prodigieusement compliquée mais explicite,  dirigée par des milliards de circuits extraordinairement miniaturisés et ordonnés, fabriqués par nous et nos machines. Et même si, plus bas  dans cet encapsulation faramineuse d’informations de diverses natures et diverses formes, des particules évoluent dans le fantastique désordre apparent de la mécanique quantique. Comprenez alors que cette réalité technologique, nouvelle forme “post-Darwinienne” de notre réalité, est une pure construction sémantique, le pur fruit de langages à très haut niveau syntaxiques, de systèmes de règles et de protocoles combinés sous formes multiples aptes à réaliser une distribution d’énergie porteuse d’informations compatible avec nos sens humains. ( Pour moi c’est véritablement cela l’Homme augmenté, car loin de constituer deux natures différentes et séparées, naturel et artificiel se rencontrent et s’harmonisent au sein, finalement, d’une production qui ne peut que suivre les lois de la nature ).

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De ce point de vue la citation latine « Ordo ab chao » (l’ordre nait du chaos) prend tout son sens ! Mais pour cela il a fallu la Conscience humaine … et / ou la «volonté de puissance» (comme dit Nietzsche) qui est consubstantielle de la force vitale … Cet enchainement de complexité et de logiques sous-jacentes permet ainsi d’ arriver à formuler, transporter et partager des concepts qui font évoluer notre conscience et notre perception à des niveaux jamais atteints encore. N’est connaissable que ce qui est ordonnable!

Osons une analogie : Sur le plan social, les sociétés humaines se sont organisées de façons de plus en plus sophistiquées, entre autre, en terme de traitement de l’information, pour s’adapter aux diverses évolutions technologiques, économiques, sociales, culturelles, etc. Cette complexification s’est réalisée malgré de très nombreuses périodes de régression. De ce point de vue, l’évolution des sociétés humaines semble reposer sur un équilibre entre deux tendances : L’organisation tirant vers la multiplication des « cellules » sociales évoluées , et la désorganisation liée à des perturbations extérieures, menant vers une désintégration des règles de conduite qui assurent l’ordre social des sociétés.

Mais l’ordre et le sens des actions humaines ont toujours permis de progresser vers la constitution d’une Humanité de plus en plus “éclairée” ! Certes, arrivés à un certain niveau de conscience et d’action, où il n’y a plus nécessité ni de Dieu ni de Maître,  l’idéal serait d’arriver à s’en passer harmonieusement . 

Mais, n’oubliez jamais que c’est quand on est d’abord passé par l’ordre que l’on peut ensuite s’en passer utilement. Car quand on est instruit, qu’on a emmagasiné de l’ordre, on a plus besoin de l’ordre. L’ordre a laissé sa trace dans nos mémoires sous la forme de l’empreinte de nos connaissances, de champs de connaissances, de champs des possibles … Et dès lors, là où on va, il n’y a plus besoin, de route tracées par avance … On peut alors se diriger plus efficacement vers « la plus haute expression de l’ordre » c’est à dire l’Anarchie dans sa définition la plus noble. Alors qu’ à contrario, si on ne s’élève pas d’abord au plan de la conscience, si on en reste à la “bête humaine” inculte, ignorante et vorace, je ne suis pas du tout certain que l’absence de l’ordre conduise à une société humaine meilleure … c’est pourquoi quand j’entends parler de fomenter le désordre pour créer un nouvel ordre, je dois dire que je suis un peu sceptique … Parce que pour l’heure la plupart des gens qui en rêvent n’ont même pas résolu les paradoxes les plus simples et les plus fondamentaux que soulève l’imposition d’un idéal égalitariste dans un contexte humain où les individus ont des aptitudes inégales, des besoins et des désirs variés, et ont une nature qui fait qu’ils se préoccupent en général d’abord de leur propre bien-être avant de penser à celui de la collectivité.

Je vois deux comportements humains récurrents, deux postures typiques d’abolition de l’ordre; aucune ne me satisfait :

  1. allumer un incendie, mais dont on garderait une parfaite maitrise … Pour ensuite installer un Ordre Nouveau … Un nouvel Ordre Mondial par exemple … Il y’en a qui essaient sans arrêt !!! il y a des spécialistes, en particulier dans le Monde de la Finance … Une fois la crise financière installée, avec les conséquences et les drames humains associés(chômage, faillite, misères et injustices sociales, émeutes, guerres…), la peur du chaos et du vide total devra habiter toute âme en âge de comprendre. Répandre une terrible peur pour ensuite conduire les mesures politiques, économiques et sociales que l’on aurait eu du mal à imposer en temps normal. Cet ordre là … d’emblée ça me fait penser à autre chose… NON, merci, ceci ne me parait pas de nature à améliorer globalement l’Humanité !
  2. allumer un incendie dont on est incapable de garder la maîtrise… là aussi il y en a qui essaient sans arrêt. Mais là non plus ce n’est pas ma tasse de thé car il y aura toujours des factions tout autant violentes sinon plus encore, pour récupérer ces désordres à leur profit … Comment peut-on être assez naïf pour croire que ces petits groupes ne seront pas contrôlés par des cliques qui s’arrogeront le pouvoir localement et qui en profiteront aux dépens des autres, tout comme les bureaucrates se sont naguère transformés quasi automatiquement en caste privilégiée dans les économies socialistes ? Et puis je n’aime pas la casse aveugle, je n’aime pas la violence, je n’aime pas non plus la répression qui en découle forcément ! Non définitivement NON.

Je crois cependant que cette discussion théorique est un peu vaine car les anarchistes ou ceux qui se présentent comme tels sont évidemment capables, individuellement, d’utiliser l’ordre des choses pour les contourner et , en cela, vivre, investir, revendiquer, une posture singulière de rejet de cet ordre établi – peut être d’ailleurs pour servir une cause éthiquement juste que la société “bien ordonnée” n’aurait pas encore acceptée. En ce sens ils peuvent être dans leur désordre apparent des porteurs d’idées nouvelles ou des lanceurs d’alerte, ce que je conçois bien et respecte – En ce sens sans doute participent-ils par leurs actions individuelles à la nécessaire transformation permettant d’améliorer l’ordre établi , pour le faire évoluer vers un ordre encore plus évolué et éthiquement acceptable…

Par contre, quant à vouloir par principe et à tout prix jouir d’une liberté individuelle faisant fi de l’ordre établi, je réponds qu’il n’y a pas de liberté sans ordonnancement préalable de ce qui fonde cette liberté. Ce que réclament les fous d’individualisme, ce n’est pas la liberté, c’est la Jungle ! Alors certes on peut peut-être éprouver une certaine jouissance à évoluer dans cette jungle, mais pas très longtemps … Je les oppose aux fous d’intégrisme. Dans les deux cas il s’agit pour moi d’une forme d’intégrisme. D’un côté le rejet de l’ordre, par principe, de l’autre le respect absolu d’un ordre établi inamovible et non discutable … Et puis il y a ce Nihilisme symbolique et cet individualisme surexcité bien actuel : sans contre-projet, mais dans l’action comme révélation de soi…

Pour ma part, sans oublier l’imagination, l’innovation, le rêve, l’espoir, la créativité … je préfère au sein même de la structure établie par des Hommes de bonne Volonté (mais évidemment imparfaits et sujets à moult déviances) la lutte légitimée par une volonté de Progrès (qui semble-t’il ne fait plus bander grand monde …) et organisée pour une totale liberté de conscience, pour la construction, l’argumentation lucide, l’exercice solide de la raison et le développement de l’esprit critique et logique, l’élaboration patiente et opiniâtre d’une communauté du respect de l’autre, l’intelligence collective, la responsabilisation, l’apprentissage, la non violence, la pensée positive, la co-construction d’intelligibilités collectives partagées, la prise de conscience, la pérennisation et le développement concerté de la connaissance, la concorde et la persévérance …  Voilà pourquoi j’aime un certain ordre  et pourquoi je ne souhaite en aucun cas transgresser sérieusement et m’échapper des contraintes de la Société qui m’a vu naître ET qui m’a construit tel que je suis ! Mais il est vrai que quand on ne me laisse pas la liberté d’aller vers ces idéaux, lorsque la violence me contraint, d’où qu’elle provienne, alors je peux devenir désordonné, perdre toute contenance … furieux, incohérent, et retomber dans un état pulsionnel basique … assez animal en fait …  Cela m’ennuierait de devoir retomber dans ces errances, alors même que nous pouvons en nous retournant contempler l’extraordinaire progrès de nos sociétés … Cela m’ennuierait de devoir casser tout cela, de le perdre, peut être à jamais … de repartir de zéro …

 

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Et pourtant mon bureau est totalement désordonné, il y en a de partout, un vrai bazar …  Mais il me semble bien que c’est l’ordre sous jacent de mes connaissances et de mes outils qui me permettent cette liberté, ce foutoir créatif ! C’est assez paradoxal.

Trop d’ordre…quel danger ! Trop de désordre…quel risque et quel foutoir !

Bon, j’essaye de résumer : le désordre amène l’ordre, qui amène à son tour un désordre créatif de nature à faciliter l’élaboration de concepts nouveaux, encore plus élaborés, encore plus élevés dans l’ORDRE de la Pensée. C’est un processus itératif qui puise sa Force entre Ordre et Désordre … Bref l’ordre est nécessaire pour construire notre réalité et le chaos est le ressort de l’énergie indispensable !  C’est le YING et le YANG de l’Univers, les deux extrêmes d’un tout qui coexistent ensemble pour notre plus grand bonheur. C’est génial !

Je sais pas si cet article est bien clair … Il va falloir que je remette un peu d’ordre dans mes pensées !!! Mais si vous avez trouvé que mon article était compliqué allez donc lire celui-ci et vous verrez que je ne suis qu’un pâle apprenti … et puis je termine par cette citation de Heidegger qui va vous clouer sur place : “Le néant ne reste pas le simple vis-à-vis indéterminé de l’étant, mais se dévoile plutôt comme ayant part à l’être de l’étant.” Et paf !

 Alors un peu de musique maintenant pour digérer tout ça …

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Accro aux réseaux …

Il a fallu une panne totale d’électricité et d’Internet sur toute ma région, durant plus de 4 jours pour constater à quel point je suis “accro” aux réseaux !!! Bien atteint le gars … A quelque chose malheur est bon … ça me fait penser que il faut que j’achète des bougies, des lampes, des batteries, … Et que je me soigne …

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Il était temps que ça s’arrête. Je ne pouvais plus faire vivre mon clone sur le Net …

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Dommage ! INTERNET éreinte la Nation

Je suis un fervent défenseur de la Laïcité. Parce que je considère que dans un Pays comme le mien, la séparation des lois Religieuses et de la loi Civique qui en est issue permet aux citoyens qui peuvent être de différentes croyances ou non croyances de vivre ensemble, en bénéficiant des mêmes Droits et en partageant les mêmes devoirs, assurant ainsi l’unité de la Nation.

Cette notion de laïcité est inséparable de l’école républicaine. En effet, dans le creuset de la République, l’ école publique doit jouer un rôle fondamental  pour inculquer ses valeurs et offrir une instruction commune a tous les jeunes. Les conduire à l’exercice de la raison et développer l’esprit critique. Ces valeurs de la République française sont une force intégrative de notre pays. L’école est le lieu qui doit créer, au-delà de la transmission des connaissances, une communauté du respect de l’autre. Elle ne doit ni accepter les privilèges culturels, économiques et sociaux ni tolérer les affirmations dogmatiques. Ainsi, l’école publique républicaine ne doit montrer aucune préférence religieuse et se doit d’être un lieu de neutralité. Cette règle est également réciproque : aucun élève de l’école publique n’a le droit d’afficher sa religion de manière ostensible. La loi du 15 mars 2004 qui interdit le port de signes religieux ostensibles dans les écoles publiques s’explique par ce principe de laïcité. Faire acquérir aux enfants les savoirs de base et leur apprendre à vivre en société, en faire des citoyens. Cette mission d’éducation à la citoyenneté de l’école est primordiale. L’école doit aussi sensibiliser l’enfant aux enjeux contemporains d’ordre politique, économique ou encore écologique. Bref, l’instruction doit être universelle : « Quoique personne ne puisse parvenir à tout savoir, il faut qu’il soit néanmoins possible de tout apprendre ».

L’image contient peut-être : 25 personnes, plein air

Mais, l’école Publique telle la voyaient Condorcet, Ferry, Jaurès, Jean Zay et consorts est maintenant confrontée à la mondialisation des échanges. En particulier les échanges des idées. C’est une très bonne chose et EN MEME TEMPS une très mauvaise quand cela se passe sans contrôle à minima.

Je me sens un peu Responsable de cet état de faits (Oulah les chevilles …) : En effet, ayant travaillé plus de 42 ans chez France Télécom, devenu Orange je ne suis pas peu fier d’avoir œuvré, à mon niveau  à la mise en place et au développement de l’Internet en France et au delà … Internet a été la Révolution de la fin du 20 ème Siècle et, du fait même de sa structure, joue maintenant pleinement son rôle d’outil de communication et de liberté d’expression dans les échanges inter culturels. C’est un moyen très puissant d’accès à des informations, de toutes natures . L’information, la connaissance, sont à portée d’un clic de souris. Il s’agit là d’informations qui dépassent largement le cadre de la Nation et qui échappent pour une large part, au contrôle étatique. Je ne m’en offusque pas car en tant que Citoyen libre, vivant dans une Démocratie, je suis tout à fait attentif à l’idée que « La vie privée est tout bonnement abolie lorsque les gouvernements surveillent ceux à qui vous parlez, où vous allez et ce que vous lisez ».

Ayant aussi été enseignant au sein des services de formation de France Télécom et Responsable de la définition des premiers systèmes de formation communiquant je sais pertinemment qu’ avec Internet, on peut aussi apprendre ! Très facilement. A n’importe quelle heure du jour ou de la nuit en utilisant d’autres moyens que la formation en mode “présentiel”, en reliant instantanément d’un bout à l’autre de la Terre, professeur et élèves. Les moyens nouveaux offerts par des réseaux de plus en plus rapides, des ordinateurs puissants qui communiquent, interfacés par des logiciels de plus en plus ergonomiques, efficaces et intelligemment conçus, avec des vidéos en ligne créées par des professeurs géniaux ou réputés sont tout simplement fantastiques. C’est simple même Jules Verne n’y avait pas pensé !!! Les images, les textes mis en page de façon savante, les contenus se multiplient, et les apprentissages associés se multiplient. Nous arrivons dans une civilisation de l’esprit. Pour l’information, les frontières n’existent plus … Et ce qu’il y a de plus incroyable, de plus insensé, c’est que même les populations les plus archaïquement opposées au Progrès techniques utilisent ces moyens à des fins prosélytes !    Nous nageons en pleine schizophrénie !

Pour en revenir à l’école de la République, dans notre société de plus en plus plurielle et en une époque où l’accès à une communication mondialisée est libre pour chaque famille, pour chaque individu, voire même pour chaque enfant, n’y a t’il pas un risque fort de créer de fâcheuses  interférences avec le corpus de connaissances formalisé par notre corps enseignant ? Je me pose d’autant plus la question qu’on a aujourd’hui dans notre belle France de plus en plus  tendance à éviter les sujets qui fâchent et à fuir le débat et la libre discussion, au nom même de la Laïcité.

Je considère qu’il y a là un danger non négligeable de « dynamitage idéologique » qui peut se développer insidieusement, et mettre à bas notre système éducatif tout simplement parce que dans ce concert le « fait religieux » n’est pas le dernier à exploiter les nouveaux moyens de communication. N’oublions pas que ceux-ci desservent les foyers des centaines de milliers de croyants disséminés sur la Terre entière, en Europe et en France, comme (exemple au hasard) la Communauté des Musulmans, qui  se veut transnationale et universelle (on ne peut légitimement lui reprocher). Il est ainsi aisé pour certaines familles de se tourner tout naturellement vers les enseignements liés à leur Culture d’origine quand pour eux leur législation religieuse semble plus universelle que ce que propose la Laïcité Française et son école dénuée des recommandations d’Allah … Laquelle croiront-ils ? Laquelle remportera le plus leurs suffrages ? Laquelle raffermira le plus leurs cultures, leurs croyances, leurs comportements ? Je vous le donne en mille …

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Alors quand je vois à quel point il est facile d’accéder à des sites qui véhiculent les recommandations d’un Islam littéraliste insupportables de notre point de vue “national”, je suis outré ! Voici un exemple avec le site https://www.islamweb.net/fr/, un site de prosélytisme Islamique géré par le Qatar qui décrit des recommandations de la législation Islamique (universelle je vous le rappelle) qui vont à l’inverse de ce que que préconise nos Lois Françaises, je me pose vraiment la question de la Liberté d’accès à ce type d’information … Par exemple savez vous comment on appelle la femme non voilée en arabe ? Une « moutabaridja ». Ce terme désignant aussi une femme maquillée sa traduction est difficile, il veut dire en même temps provocatrice et honnie. Cherchez ce mot sur GOOGLE et vous trouverez des dizaines de sites comme celui là où pour Femme désobéissante  des intégristes conseillent des mauvais traitements contre de telles femmes sans être inquiétés le moins du monde par les officines anti-racistes ou féministes.

Le site internet en question, «islamweb.net», est géré par le Qatar, il est lié au ministère qatari des Biens religieux et des Affaires islamiques. On peut s’en assurer en consultant les informations légales du nom de domaine «islamweb.net», enregistré au nom du «Ministry of Endowments and Islamic Affairs» et domicilié au Qatar. Un article du quotidien qatari Qatar Tribune abonde dans ce sens, affirmant qu’«islamweb.net» est affilié au ministère, et expliquant que le site, qui s’adresse aux musulmans des pays occidentaux est disponible en cinq langues (arabe, anglais, français, espagnol et allemand), «présente l’islam modéré, corrige des idées erronées à propos de la religion et offre des réponses aux questions sur des sujets religieux»

Et avec le Qatar on est copains !  Pensez, la France est l’une des premières cibles pour les investissements massifs du Qatar au niveau international. Elle est ainsi la quatrième destination privilégiée des investissements du Qatar à l’étranger, derrière le Royaume-Uni, l’Allemagne et les États-Unis : ils ont été estimés à près de 25 milliards d’euros en 2016. Certains commentateurs experts en économie ont même affirmé que le Qatar « achète » la France. Même si les fonds d’investissements qataris sont souvent très opaques quant à l’identité de leurs actionnaires ainsi que la nature et l’importance des positions prises …

Mais il n’y a pas que le QATAR. Il y a au sein même du Pays des sites comme Islam&Info,  qui prônent de se distinguer du reste de la population en s’identifiant à la Oumma (communauté musulmane supranationale). En définissant le musulman comme membre d’un peuple, on le racialise, l’essentialise et on brandit la carte du racisme face à toute critique de l’islam et des dérives faites en son nom.

En tous cas voilà la voix directe de la Charia, législation Islamique, dans sa version la plus littéraliste, en plein coeur de nos cités. Je crois bien qu’il s’agit là d’une des (nombreuses) causes de l’effritement de notre Communauté Nationale.  Heureusement il existe des personnalités fortes, universalistes et laïques, capables de réagir. Je pense en particulier à Naëm Bestandji

En conclusion je dirai que même si la contrainte m’est insupportable et si  la censure me révulse il serait salutaire de se souvenir de ce que disait ce bon vieux Clémenceau : “La liberté ce n’est pas un renard libre dans un poulailler libre” ! Etant par nature un homme libre habitué à un Pays libre et à une pensée libre, tout ça ne me fait pas rire, tout ça ne me fait plus rire. Quant à la Nation française, je crois qu’elle est bien atteinte … En tant que pôle émancipateur des consciences, tellement sure de ses valeurs  elle s’est  peu à peu endormie en croyant que l’héritage de ses Lumières lui suffirait ad vitam. En fait elle git sur le flanc, râle et chie partout sa décomposition comme une vieille baudruche qui se dégonfle. Un Napoléon PDG à sa proue tente bien des effets de manche, croyant mener une “start-up” alors qu’il ne fait qu’accentuer le désastre, oublieux qu’il est de ses fondamentaux fondateurs. Et vous pouvez convoquer tous les Molière, les Condorcet, les Jean Meslier, les Diderot du Monde au chevet de cette grande malade. On est bel et bien dans la Merde … 

Alors ? Les régulateurs d’accès Internet en France sauront-ils trouver des Hussards noirs pour refuser que l’information accessible ne soit polluée sans vergogne  par des adeptes de l’obscurantisme ? Espérons le car le réseau des réseaux n’est pas vertueux par lui même. Si cela n’est pas résolument combattu, j’ai bien peur que dans quelques années ce bon vieux Darwin ne soit qu’un lointain souvenir …  

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Tiens puisque c’est ça mettez la musique à fond …

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Pour mieux comprendre la Laïcité …

“La Laïcité doit se comprendre comme l’édification d’un monde commun aux hommes sur la base de leur égalité et de leur liberté de conscience , assurée par la mise à distance de tous les groupes de pression. C’est pourquoi l’affirmation de la Laïcité ne se construit pas contre le seul cléricalisme religieux mais aussi contre toute captation de la chose publique par des intérêts idéologiques ou économiques particuliers.”

En une période où des dérives inquiétantes se font jour, l’actualité récente nous montre la nécessité de parler de la Laïcité, et surtout de la faire comprendre, de la faire aimer, d’en faire accepter le caractère indispensable . Aussi, afin de provoquer un sursaut d’intérêt sur ce sujet épineux, le Comité Laïcité République du pays Viennois avait invité Henri Pena Ruiz, le Jeudi soir 7 Novembre 2019.

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Ecrivain, philosophe et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet, Henri Pena Ruiz est aussi un ancien membre de la commission STASI qui avait rendu un rapport sur «l’application du principe de laïcité dans la République » mettant en évidence un certain nombre de manquements à la laïcité de la part d’usagers dans les lieux publics, dont le port de signes religieux ostensibles.

Il est toujours intéressant d’écouter un “spécialiste” car on a souvent tendance à tout mélanger…

J’étais là pour vous livrer in extenso les enregistrements sonores très intéressants de l’intervention de Henri Pena Ruiz et du débat qui suivit. Cliquez sur les liens ci-dessous pour écouter :

Enfin je rajouterai pour illustrer tout ça et pour réfléchir, cette Musique qui me fait pleurer … par Fazil Say musicien Turc et Athée …

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Si Dieu a créé l’univers, qui a créé Dieu?

AdamEve

Bon Dieu de bon Dieu ça me fatigue d’entendre parler de Dieu sans arrêt ! Je n’en ai pas besoin ! Bon ! Mais c’est quand même un Monde ça ! Foutez moi la Paix avec ça ! Oui, oui … Je m’en passe et m’en porte fort bien ! Et d’ailleurs cela fait un moment que j’essaye de montrer que tout ça est assez immature en fait …  Je suis passé par plusieurs étapes successives pour en arriver là …

En discutant avec des personnes croyantes, combien de fois ai-je utilisé durant mon adolescence passionnément narquoise et un brin prétentieuse, cette phrase : « Si Dieu a créé l’univers, qui a créé Dieu? » ?? Certain que j’étais, par cette logique imparable, de les persuader de mettre fin à leurs élucubrations  infantiles ??? Cette tournure de phrase suggère en effet que leurs arguments en faveur de l’existence d’un Créateur ne font que repousser la question des origines un cran en arrière. Si Dieu est le créateur de toutes choses, et qu’il nécessite lui-même une cause, nous faisons face à une cascade infinie de causes. Bref c’est le bordel. Ça commence où ?

Bien évidemment j’ai fini par apprendre que les Croyants avaient trouvé depuis belle lurette une parade à cette question logique … en affirmant que Dieu est éternel et incréé ! Et paf ! Prends ça dans les dents ! Dieu serait la cause première; la doctrine chrétienne par exemple, prétend que Dieu est éternel et qu’il n’a donc pas de commencement. Dieu serait le créateur du temps lui-même, il existerait donc en dehors du temps et il verrait l’histoire d’un seul  » bloc ». Et voilà ! Bing (et non pas Bang)

Mon argument de départ s’effondrait lamentablement !!

Depuis, j’ai appris aussi qu’il y avaient beaucoup d’autres formes de croyances avec leurs logiques associées. Par exemple certains pensent que Dieu c’est la Nature ; ce serait en quelque sorte « l’infinitif » du Monde, se conjuguant lui-même. Sa substance serait alors indéfiniment présente dans le changement incessant de cette conjugaison, dans une impermanence éternelle …

Mais tout ça ne me parlait pas trop et heurtait mon esprit raisonneur et pratico-pratique. Du coup il me fallait bien faire face au dilemme de ce que ou qui cette cause première pourrait bien être … Athée ou pas la question était en effet lancinante … Mais pour moi hors de question de croire en un dessin intelligent, programmé, de toute éternité. Pour moi, pas de créateur pensant spécifiquement et dès le départ, à créer l’Homme… Et les Dinosaures, hein ? Qu’est-ce que vous en faites ? ET le hasard ? Et les 13,7 Milliards d’années écoulées depuis le “Big Bang” ? M’enfin ? Je pourrai aussi parler de la théorie darwinienne de l’évolution qui est vraie car confirmée par la génétique, par la géologie et la paléontologie, corroborée par des mesures physiques qui ont été rendues possibles par les avancées de la physique et de la chimie. Bref …

Ce qui fait que j’ai été confronté souvent à cette idée que le Philosophe Bertrand Russell (Athée) a traduit ainsi :

L’homme est le produit de causes qui n’avaient aucune vision de l’objectif qu’elles étaient en train d’atteindre ; le fait que l’origine, la croissance, l’espoir et les peurs de l’homme soient l’aboutissement accidentel de la collision entre atomes; qu’aucun feu, aucun héroïsme, aucune intensité de pensée ou de sentiment ne puisse préserver la vie d’un homme au-delà de la tombe; que les travaux de tous les âges, toute la piété, toute l’inspiration, tous les éclairs du génie humain, soient destinés à s’éteindre dans la mort du système solaire, et que le temple de tous les projets humains soit inévitablement enseveli dans les débris d’un univers en ruine- toutes ces choses, sont si certaines d’arriver qu’aucune philosophie qui les rejette ne peut espérer tenir debout. Ce n’est que dans l’échafaudage de ces vérités, seulement sur le fondement ferme de la désespérance stérile, que le salut de l’âme peut dorénavant être construit.

Fort heureusement j’ai une nature qui me permet toujours de considérer le verre à moitié plein, plutôt qu’à moitié vide ! Et l’argument que je revendique depuis déjà pas mal d’années est que à partir du moment où l’être évolué que nous sommes a compris qu’il pouvait influer sur le cours de la réalité alors il a tenté par lui-même de donner du sens à son existence, qui, du coup n’est plus le fruit d’une évolution aveugle ou d’un déterminisme Divin mais le fruit de sa propre transformation consciente !!! « L’homme est la nature prenant conscience d’elle-même. » (K.Marx) Tout devient alors plus clair. Et d’ailleurs, même si rien n’est jamais acquis, l’Homme n’a eu de cesse de donner du sens. Il l’a fait de plusieurs façons qui se sont graduellement améliorées et qui ont évolué au cours du temps et des organisations humaines : invention du langage oral, écrit, de Dieu (et oui, pour moi c’est l’humain qui a inventé Dieu) , de la Philosophie, de la Logique, des Mathématiques puis de la Rationalité, de la Science, de la Technologie etc., etc. Tous ces apports intellectuels ont eu un rôle zététique, euristique et architectonique. Voilà les éléments qui constituent le véritable vecteur de notre intelligence humaine et qui nous permettent de nous extraire de la glaise originelle en nous transformant continuellement et consciemment, avec application et courage : l’art du doute, l’art de la déduction, l’art d’inventer, l’art de l’organisation systématique … à cela je rajouterai la mémorisation, la traçabilité, la transmission, le partage de l’information … Point de dessein pré déterminé, hors de nous, hors de notre propre volonté pour nous imposer un chemin unique sinon des essais et des erreurs, des souffrances et des tentatives avortées et recommencées avec opiniâtreté,  pour apprendre et progresser!

Par ailleurs j’ai compris grâce à mon éducation, ma raison, mes erreurs, mes connaissances, et surtout grâce à mes engagements que, même si l’avenir est partiellement déterminé, et même si le passé nous engage, l’avenir n’est pas écrit et dépend de nous, en tout cas en partie. Nous ne sommes pas complètement soumis à un destin pré déterminé (enfin pas tout à fait). Ma volonté ne peut l’admettre. “Là où il y a une volonté, il y a un chemin “ … J’ai compris également et je ne suis pas le seul, que le mal qui est dans le monde vient presque toujours de l’ignorance. Et on combat l’ignorance par le Savoir. La soif de savoir. Le besoin de savoir. La curiosité. Ceci doit tout à la conscience humaine. Et rien à une invention conceptuelle de notre enfance d’Humains …

Cette conscience s’est peu à peu affinée au fil des âges ; elle a grandi. Ainsi nous sommes parvenus à une phase où la Nature intervient beaucoup moins sur l’évolution humaine car l’Homme a conçu lui-même et sans intervention Divine (bien au contraire) une réalité “post-Darwinienne” qui engendre à son tour des niveaux de complexité extraordinaires pour lui permettre de se prolonger dans une réalité plus vaste encore. Notre pouvoir sur la nature s’est étendu radicalement, au point de transformer l’horizon des possibles en permettant l’éclosion d’une civilisation globale de la pensée grâce au partage de l’information et de la connaissance sous des formes encore plus « efficaces ». Rien ne pourra arrêter ce Progrès, sinon l’ignorance et la haine, ces assassins stupides de la conscience. Cela pourrait arriver aussi si l’on oublie que la Nature reste notre substrat indispensable. Cela pourrait arriver aussi si l’on perd a Mémoire … (ndlr : du coup c’est pour cela que j’ai un Blog, cela me permet de retrouver facilement les idées issues de ma pensée et de mes phrases alambiquées …) . Enfin, et le risque n’est pas nul, cela pourrait arriver aussi par “accident” : pollution, météorite, réchauffement climatique, guerre totale, pandémie, effondrement de la Civilisation …(où est le Dieu bienveillant dans ce cas ?). Soyons conscients que nous ne sommes qu’au début de cette jeune conscience collective. Aurons-nous le temps de l’élargir à d’autres espaces, à d’autres écosystèmes, à d’autres formes de vie, avant de disparaître après un bref éclair d’intelligence dans l’espace infini des temps? Là est la vraie question. De toute façon, si nous ne disparaissons pas avant pour les raisons citées plus haut,  nous disparaitrons car notre Soleil est un moteur à durée de vie limitée. Alors ? Tout ça pour quoi ? Est-ce que tout cela a un sens ? Je veux dire un sens intemporel ? Je ne crois pas que ce soit un sens existant de toute éternité, je crois plutôt qu’il faut espérer en notre capacité à construire du sens ! … A construire de l’Intelligence. Collectivement.

Oui ! Et pour cela il faut préserver le savoir ! Ce Savoir qui, tout en nous émancipant des scories d’un passé aveugle et sourd, nous a doté d’une conscience plus vaste. C’est pourquoi je peux me passer de Dieu. Le Savoir humain est plus important que tout. Voilà ce qui pour moi est Sacré ! Et avec la force de ce savoir, c’est aussi pourquoi, en tant qu’Athée, contrairement à ce que disait Bertrand Russel, je ne suis pas du tout désespéré par l’Univers glacé. J’ai plutôt l’espoir fou que cette élévation, cette « progression » (certains l’appellent Dieu, moi je l’appelle Conscience) pourrait permettre le dépassement de nous-même en tant qu’individus limités et mortels pour accéder à un champ d’existence plus vaste menant notre vie mentale vers plus de créativité, de curiosité, de beauté et de bonheur. Tout cela me rend heureux. Tout simplement. Sans Dieu. Rien. Sinon la Liberté de conscience,  la Volonté et la curiosité d’en connaitre toujours plus. Alors, ne nous laissons pas abattre. Restons volontairement optimistes ! Et luttons pour comprendre. Tout comprendre. Je ne vois pas cela comme une vanité stupide, mais plutôt comme un Devoir. Face au gouffre de l’Infini.

Même pas Peur !

Volonté

Ecoutons Rami Khalife…

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