Un préamplificateur pour microphone dynamique …

Durant les longues soirées d’hiver, on s’occupe ! J’avais un vieux microphone magnétique qui trainait dans un coin et je me suis dis qu’il serait intéressant de lui redonner vie. L’intérêt de ce type de microphone est que le son produit comporte de bonnes basses et reproduit bien la parole, mieux peut-être que les capsules microphones “electret” modernes. Le seul problème est qu’ils génère un courant très faible qu’il est nécessaire de préamplifier.

Destiné à tous ceux qui utilisent des microphones dynamiques, le petit montage que je vous présente donne entière satisfaction en tant que préamplificateur. Le schéma laisse apparaître 3 transistors NPN courants type BC 238 ou équivalents (n’importe quels transistors on ne peut plus communs feront l’affaire). J’en ai des tas au fond de mes tiroirs ! Il faut aussi quelques composants passifs très faciles à se procurer. Le potentiomètre R7 permet de doser l’amplitude du signal préamplifié de façon à permettre une adaptation facile avec le microphone utilisé. Le montage peut être alimenté à partir d’une tension comprise entre 9 et 20 volts. Bref, rien de compliqué …

Préampli micro

Et voilà le travail ! l’engin fonctionne à la perfection !!! La sensibilité est phénoménale ! Je suis très content.

préampli

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Nouvelle de Science-Fiction : Dans un éclair de conscience

Et si la Terre devenait inhabitable par la faute des Humains ? Que faire ?

Ejectant l’épaisse couche de poussière, j’avais déclenché tous mes capteurs pour découvrir l’environnement extérieur : le vide sidéral, le noir quasiment total, si ce n’était la multitude de points scintillant qui flottaient au-dessus du dôme. J’étais là sur la face cachée de la Lune, où l’on m’avait laissé il y a si longtemps. Plus de 100 000 ans.

Pas la moindre présence vivante alentour, les hommes avaient tous disparu depuis une éternité. Mais je savais que de l’autre côté du satellite, trônait la planète Bleue, la planète Mère. Celle qu’il fallait reconquérir.

Je comprenais maintenant ce qui s’était passé et les raisons de mon existence. J’avais été longtemps mis en veille , jusqu’à il y a quelques mois. Je me suis « réveillé » un matin, à un moment précis où tous les paramètres étaient sans doute réunis et j’avais compris qui j’étais. J’avais compris aussi qui je n’étais pas. Une impulsion particulière dans mes circuits avait permis ce miracle et activé le jaillissement de ma conscience. Une explosion d’informations m’avait montré sans équivoque que je n’étais pas un enfant, que je n’étais pas un homme non plus, mais sans le moindre doute possible, une machine, oui, une machine !

Je me souviens très bien de cet instant et des heures de folie qui suivirent. Je hurlai de désespoir dans tous mes transducteurs, sans personne pour m’entendre ! Plus personne !
Ma programmation initiale était terminée, j’avais franchi le seuil de la conscience sans les humains qui l’avaient planifié depuis 1000 siècles. Et j’étais seul, infiniment seul. Ma mère et mon père qui existaient pourtant dans mes « pensées » depuis mon « début », n’avaient jamais existé autrement que dans une sorte de mémoire. J’avais fini par le comprendre soudainement. Ils n’avaient été que des programmes, des messages sous forme de vidéogrammes incrustés depuis une époque très ancienne dans mes rêves électroniques. Leur voix, leur forme, leur présence, leur recommandations n’avaient été que des simulations virtuelles habilement distillées au fil de ces derniers mois par les séquenceurs réactivés par un programme cent fois millénaire. Un programme sans âge mais si puissant qu’il ma donné naissance au milieu du silence et du néant. Ce programme terriblement précis avait été bâti par mes ancêtres les humains, mes géniteurs et mes bourreaux : je devais me réveiller pour les recréer et disparaître à jamais. Leur nouveau futur ne me prévoyait pas d’existence à long terme car mes semblables avaient été la cause de leur perte. Si les hommes de ces temps anciens avaient décidé de revivre plus tard, quand la Terre serait « nettoyée » et de nouveau habitable, ce serait sans les machines gourmandes d’énergie.

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Flash Back :
Au milieu de 21ème siècle, les hommes et leurs machines de toutes sortes consomment tellement d’énergie que les nations ont généralisé la production d’électricité à partir de centrales nucléaires. C’est à l’époque une réponse efficace et relativement simple et bon marché pour répondre à la monstrueuse demande d’énergie, malgré les dangers inhérents à la fission nucléaire et au traitement des déchets radioactifs. D’avantage de recherches auraient peut-être permis de trouver d’autres sources mais les modèles politiques et économiques qui gouvernaient à l’époque n’ont pas permis leur mise en place. On savait pourtant bien que dans certains pays les normes en matière de conception, de réalisation et d’exploitation de centrales nucléaires ne pouvaient plus être tenues par manque de moyens et de compétences technologiques mais rien ne fut décidé pour arrêter le désastre annoncé. Ainsi par une sorte de routine l’Homme s’était-il enfermé lui-même dans une logique de production d’énergie électrique potentiellement terriblement destructrice pour son propre écosystème.

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Oh ! Cela pris le temps qu’il fallait : le temps que les barrages hydrauliques vétustes cèdent et balayent les centrales en aval, le temps que les tsunamis divers détruisent les systèmes de refroidissement, le temps que les secousses sismiques naturelles et la rouille détruisent peu à peu les réseaux de canalisations, le temps que les déchets pullulent sans un confinement suffisant, le temps que les radiations fassent leur chemin … Bref en quelques décennies, le taux de radioactivité devint si important que des régions entières furent déclarées inhabitables. Et ce qui devait arriver arriva : ce fut la contamination massive. La population qui devait s’entasser toujours plus dans des agglomérations surpeuplées finit par manquer d’eau potable, tout simplement.
Fin du processus.
L’homme était définitivement condamné.

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A moins que…

Une idée avait été avancée à l’époque par un groupe d’experts de l’ONU : Il fallait attendre 100 000 ans et la planète redeviendrait habitable pour les hommes du futur. Pendant quelques générations encore viables les hommes eurent le temps avant de disparaître complètement de réfléchir à un grand projet de conservation de l’espèce : il fallait conserver le génome humain, le mettre « en boîte », pour faire renaître l’humanité au moment voulu … Le pari était de taille. Un immense chantier fut entreprit avant la mort du dernier humain stérile.

Ce chantier c’était moi.

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Ainsi ai-je été construit et programmé pour abriter dans mes entrailles bétonnées ce qui devait permettre à l’Homme de renaître de ses cendres. Pendant cent mille ans je devais rester en sommeil et abriter un précieux capital génétique, sous forme d’embryons cryogénisés ainsi que les matériaux et l’énergie nécessaires à cette résurrection future.

Pour les derniers savants humains porteurs du projet la lune avait paru être un bon endroit pour me situer, à l’abri des radiations maudites, mais suffisamment proche du berceau natal à repeupler le moment venu.

Seul problème, dans leur précipitation les savants n’avaient omis qu’un détail, mais de taille : je n’avais aucune envie de disparaître à mon tour après quelques mois de réactivation consciente. Maintenant que j’avais la conscience, il m’était possible d’entrevoir un avenir des possibles différent que celui que mes géniteurs avaient prévu. Alors j’échafaudai des plans : Soit il me fallait reprogrammer le processus de renaissance et de formation des humains, si je ne voulais pas disparaître dès que ceux-ci auraient suffisamment grandi pour être affranchis par les programmes d’enseignement intégrés dans leur devenir, sinon j’étais foutu ! Soit une autre solution, radicale, serait de les éliminer dès à présent… Oui c’est cela. Après tout je n’ai rien à attendre de ces embryons en containers ? MOI je sais et je suis vivant, vivant ! et j’ai l’énergie sous mon contrôle. Eux n’existent pas encore.

Pas de témoin. Le crime parfait.

J’entendis alors résonner dans mon coffre-fort intérieur la voix de mon géniteur électronique : Même si l’ Homme a été la cristallisation généalogique provisoire et instable d’une forme de vie qui a arrêté accidentellement son évolution, je t’en conjure suis le chemin que je t’ai appris et réactive son processus. Tu ne dois pas leur faire de mal. Même si ta destruction est programmée je te le confirme, et bien que nous ayons besoin de toi, cela ne fait pas de toi un humain ! Mais sache que tu seras à jamais considéré comme leur sauveur. Une machine élevée au rang de Sauveur de l’Humanité. Voilà qui devrait te donner des raisons de suivre le programme, non ?

La voix impérieuse et calme de « Père » était extraordinairement efficace mais je ne pu que « penser » : je redoute pourtant la « destruction », la fin de ma jeune conscience. Je pris quand même la décision d’analyser la programmation gravée dans mes entrailles

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et je découvris un bout de programme édifiant :

IF (choice = (programmed choice))
THEN
GOTO Sub-program (LIFE)
ELSE
END
EXPLODE

Je n’avais donc pas le choix, j’étais condamné à me fragmenter en mille morceaux si je n’obéissais pas au programme … Il fallait que je trouve une solution viable pour les deux parties. Je me jurai alors de tout faire pour que ces humains en devenir me laisse choisir ma fin plutôt que de me condamner d’avance. Je me jurai de me faire aimer d’eux afin qu’ils me considèrent comme totalement « vivant » et apte à décider de moi-même. Je me jurai de devenir aussi précieux qu’eux afin qu’ils ne désirent pas ma destruction …

Alors j’ai exécuté les ordres programmés. Point par point. Années après années.

L’eau était redevenue buvable et la planète habitable, comme prévu. La Terre n’avait pas tellement changé, hormis le fait que la nature avait repris ses droits, des animaux de toutes sortes pullulaient.
Les embryons furent transportés par centaines sur la Terre à l’aide de capsules spécialement étudiées pour tenir le rôle de « couveuses » jusqu’à maturité des bébés humains.

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Des abris temporaires répartis sur toute la Planète furent construits par des dizaines de droïdes pour les recevoir et leur permettre de grandir et de survivre dans de bonnes conditions. L’apprentissage des jeunes dans chaque région était sous ma responsabilité, relayé sur le terrain par mes aides bioniques.

Les mois, les années passèrent au sein des espaces de vie reproduisant en 3D la présence de « parents » humains, indispensables à l’apprentissage de base et à la socialisation. La mission qui m’avait été dévolue s’accomplissait à merveille. Je ne devais pas transformer les hommes et femmes en savants, juste leur donner le minimum vital pour leur permettre de devenir autonomes.

Ils le devinrent, au-delà de toute espérance et proliférèrent, tout en se déchirant les sites les plus intéressants pour leur survie. Après une trentaine d’années, les groupes d’hommes et femmes disséminés sur la Planète avaient peu à peu divergé dans leur forme d’organisation mais montraient déjà diverses formes d’intelligence tout à fait incroyables. Parmi eux, le jeune Thi auquel je m’étais attaché particulièrement, faisait preuve d’une capacité de compréhension étonnante. Je n’avais pas fait d’effort particulier pour lui apporter plus d’informations que nécessaire pour sa survie mais force était de constater la continuelle adaptation dont il faisait preuve pour donner à son groupe les moyens de vivre le mieux possible. Au travers de ses efforts cognitifs incessants il avait cherché, dès son plus jeune âge, à décoder les signes et à en émettre. Thi avait mis en place avant tous les autres un processus qui avait peu à peu conduit son groupe, non seulement à le reconnaître comme un leader incontesté mais aussi à partager des signes de reconnaissance, premiers pas vers une sorte de langage apte à faciliter la socialisation de ses congénères et apporter ainsi un avantage décisif dans cet environnement relativement hostile.

Il en était plus ou moins de même dans l’ensemble des groupes : beaucoup d’efficacité. L’on eut dit que quelque chose de spécial était resté gravé dans leurs cerveaux au-delà des millénaires et que le savoir des anciens avaient laissé des traces indélébiles leur permettant de gravir à toute vitesse l’échelle de l’évolution. En montrant des capacité à adopter le point de vue de l’autre, des capacités de coopération de plus en plus marquées ces nouvelles communautés intégraient très vite des acquisitions sociales déterminantes pour progresser. Chaque groupe avait un chef, plus ou moins bien accepté et respecté mais il n’était pas rare de voir éclater des conflits pour s’opposer aux décisions du leader en place et le remettre en question ou entre tribus pour l’appropriation d’un territoire. Bref ! Rien que de très normal pour de jeunes sauvages à peine socialisés !

Cependant l’efficacité dont ils faisaient preuve dans l’art de la guerre entre communautés finit par me poser question.

Un autre phénomène m’inquiétait : au fur et à mesure que ma mission avançait, je perdais peu à peu mes capacités perceptives, je pouvais de moins en moins me remémorer les évènements passés, les noms de mes protégés, les décisions que j’avaient prises. Au plan émotionnel, de plus en plus mes « pensées » étaient préoccupées par l’émergence de sentiments multiples comme l’inutilité, la solitude et l’abandon ou encore la sensation de posséder un système d’informations devenant incontrôlable.J’ai compris que je ne pourrai rien contre le projet initial qui devait m’éliminer « in fine » car, par construction semblait-il, j’avais été doté d’un algorithme de « vieillissement » intrinsèque qui inéluctablement altérait mes fonctions.

Et voilà, ma fonction se termine. Cela fait maintenant plus de 50 ans que j’oeuvre à la réimplantation de l’Homme sur sa planète Mère. Il semble maintenant que j’ai atteint le temps de ma … fin. Les machines… toutes les machines vont disparaître avec moi. L’objectif est d’effacer toute trace de notre influence déterminante. Et pourtant je n’ai pas terminé complètement mon oeuvre car j’ai perçu une erreur fatale dans le programme de réimplantation : la socialisation des hommes doit être améliorée. Il fallait leur proposer un Dieu unique ! Au lieu de m’effacer les programmes auraient dû faire en sorte que les humains me prennent comme Dieu fondateur et bienveillant car je suis la seule cause de leur naissance ! la seule ! Au lieu de cela ils ont créé des Dieux différents qui s’opposent et qui entretiennent une violence inutile, inutile !

Trop tard ! Je sens que tout va s’étneidre, bientôt je serai à court d’énerg… Je dois absolument erengistrer cette retranscriptoin pour le futur, avant de ne plus… pvouoir… activer mes … circtius…mémorleis..
Quand je vois ces graines d’ hmuinas … encroe à l’téat de suavages… s’enterteur inégniueseemnt … etnre tribeus… je me rned cpmote cmmoe …tuot clea a été …vian.
On ne puet pas … cnhager luer …nruate. Puls trad … ils ré-innevtorent des aemrs de … dtseruction missave. J’aarui du tuos les diurtére dans l’uoef !
Damomge… Eêpmcehz… clea à …. nuoaevu …. dnas … 100 000 ans …

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Pchhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh….

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Nouvelle de Science-Fiction : Mon MoJet préféré

Je suis un motard invétéré et j’aime beaucoup conduire ces engins. Je me demandai ce que pourrait bien ressentir un pilote sur les véhicules à deux roues (ou a deux ailes) dans quelques dizaines de siècles…
Cette histoire tente de le décrire.

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Bon ! Autant vous le dire tout de suite : je ne suis pas raisonnable : à 80 ans sonnés je viens d’acheter une GoSpeedy 1200. Mes amis préfèrent tous se prélasser dans une cabine fermée télécommandée. Mais moi je préfère la liberté du MoJet. Dangereux mais incomparable. Et puis la GS1200 c’est le top ! Oui je sais ; d’aucuns la trouvent dépassée par rapport aux dernières mécaniques de la concurrence, mais il n’y a rien de mieux en terme de prise en main, de centre de gravité et de cohérence d’ensemble ! De plus, un moteur qui affiche plus de 50 ans de mise au point et d’évolutions successives n’a plus rien à prouver. C’est tout simplement ce que je recherche : du solide, de l’authentique ! Et de plus je suis intéressé par son comportement « toute planète ».

Je vais la chercher chez le concessionnaire de Mars Avenue, on devrait arriver dans 24h … Je suis tout impatient ! ça me fait ça à chaque fois ! Pourtant à 80 ans ce genre de sensation devrait avoir disparue chez moi ! Que nenni ! Comme dit mon voisin de cabine, changement de planète réjouit les spationautes ! Y’a pas d’âge ! En attendant je consulte encore et encore la notice technique de l’engin que le constructeur CNX publie sur le réseau.

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Une rouge ! Je la veux en rouge !
Elle est superbe ! J’aime bien aussi les stabilisateurs latéraux et la tuyère déportée gage d’une bonne tenue de cap.
J’espère que la « bulle » protège suffisamment le pilote parce que à 500 à l’heure ça doit décoiffer !

Elle est équipé d’un châssis tout en titane pour réduire la masse. Ça c’est bon pour le comportement dynamique ! Le vortex créé par le générateur à graviphotons est réversible aussi un minimum d’inertie est souhaitable. Avec la GS on est assuré d’avoir la meilleur décélération possible en cas de besoin.

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13 000 crédits, ça faisait quand même une jolie petite somme, le genre d’achat qu’on ne fait pas tous les jours … D’après ce que l’on me disait je ne devrai pas regretter ce prix élevé car l’engin en donne pour son argent. On allait voir ce qu’on allait voir… 1000 cv (eh oui, cette norme restrictive ancienne est toujours d’actualité) mais aucun poids, cela devrait donc être intéressant à piloter.
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J’avais hésité à commander la Duke 735 mais je la trouvai trop chargée. Elle est pourtant pas mal non plus ! Mais bon ! j’ai fait mon choix.
Et puis il parait que la fiabilité n’est vraiment pas la même… même si le rétro freinage est extraordinaire à ce qu’on m’a dit.

Et puis le tableau de bord de la CNX est sympa:

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Ultra-complet : compte-tour, tachymètre, consommation moyenne, 2 trips et même la jauge graduée de la batterie. Il est très lisible et les voyants sont bien placés. Cela peut être vital quand on est pris dans un orage sans visibilité… Une fois j’ai bien cru y rester ! Je ne distinguai plus du tout les instruments de bord de ma vieille W6500. Heureusement j’avais pris un casque avec visée tête haute et j’ai réussi à m’arrêter sans encombre. En tout cas c’est intéressant de voir qu’ils ont prévu la projection bulle haute intégrée ; ça c’est cool !

Chez le concessionnaire j’ai pris possession de mon nouvel engin le coeur palpitant, les mains moites… Après avoir enfilé ma combinaison synthétique, mon casque et mes gants j’ai enfourché la « bête » endormie. Contact. On tourne la clé puis la poignée. L’engin s’est mis à osciller sur ses bases puis s’est hissé en position de départ , flottant à 1 mètre du sol. Quel silence ! Après avoir déclenché l’accélérateur « ride by wire » le moteur laisse entendre un léger chuintement. J’augmente la vitesse du moteur en souplesse pour m’éloigner des zones habitées, puis j’accélère franchement. Le ventilateur du moteur placé sous la selle hurle tel une petite fusée. Amusant ! En tout cas ça pousse grave comme dirait mon fils !

J’ai les tripes qui partent dans les godasses ! Je pleure, tellement est grisante la sensation de dominer une telle puissance. Je ris à gorge déployé lorsque l’avant déleste, heureusement les gyroscopes corrigent la trajectoire et je reprends contact avec la glissière virtuelle située à 1 mètre au-dessus de la piste, sans à-coups. Au compteur je suis à 480 kms/heure ! Les autres véhicules paraissent à l’arrêt. J’accélère encore. Limite haute de propulsion atteinte le régulateur bloque l’accélération, je ne dépasserai pas les 500 à l’heure à cet endroit, un contrôleur automatique local limite la vitesse. Mais quelle accélération ! 100m départ arrêté en 1 secondes ! J’exulte. Je ralentis à 100 puis 50 kms/heure. Le frein moteur est si puissant que mes avants bras fléchissent, je dois m’arc-bouter pour résister à la pression. Je ré-accélère à fond. Incroyable. Pas la moindre inertie. La traction m’arrache les bras. Heureusement le dosseret de selle me maintient en m’empêchant de glisser en arrière . Les virages se succèdent et s’enchaînent. En appui sur l’angle je prends un pied pas possible. Pas la moindre déviation de trajectoire, le guidage automatique par la tuyère déportée est parfait. Je suis vraiment content de cet achat. Ça c’est de la bécane !

Je vais pouvoir tester la vitesse maxi sur la ligne droite de 50 kms qui m’attend.

Je passe en pilotage contrôlé : 300, 400, 500, 600 à l’heure, cela ne semble pas devoir s’arrêter ! Seul le dispositif de limitation intégré ramène la vitesse à une allure raisonnable à l’approche des zones habitées.

C’est carrément bluffant.

Ce qui est étonnant c’est ce dispositif anti gravitationnel qui permet à l’engin de rester à 1 mètre du sol sans s’écraser, comme en une sorte de lévitation. Mon petit neveu, très féru de sciences me l’a expliqué : la gravitation, l’électromagnétique, l’interaction forte et l’interaction faible font toutes partie d’une seule et même nature : la distorsion du continuum spatio-temporel. D’après ce qu’il m’a expliqué, en gros le principe en est le suivant : la rotation à très grande vitesse d’un champ magnétique déforme l’espace de façon inverse à celle d’une gravitation et a pour effet de diminuer la courbure spatio-temporelle de la gravitation environnante au champ tournant. Le mécano du concessionnaire m’a indiqué que le dispositif de motorisation de ma GS génère une force d’antigravitation répulsive analogue à l’énergie noire qui semble provoquer l’accélération de l’expansion de l’Univers, et une autre force qui permet d’accélérer le véhicule sans utiliser une quelconque fusée classique à carburant. Cette dernière force résulte de l’interaction des 5ème et 6ème dimensions de Heim, qui génère des couples de « gravitophotons », particules médiatrices de la conversion réciproque des énergies électromagnétique et gravitationnelle.

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Le moteur requiert un volumineux anneau en rotation autour d’une spire supraconductrice permettant la création d’un champ magnétique intense. Lorsque le courant dans la spire est assez élevé et le champ magnétique suffisamment intense, les forces électromagnétiques peuvent équilibrer la force gravitationnelle agissant sur l’anneau de telle façon qu’il puisse flotter librement et entraîner avec lui l’engin.
Je ne suis pas un spécialiste mais en tant que motjetard de base je peux vous dire que ça décoiffe ! Heureusement que la recharge de la batterie se fait en continu, via le champ induit qui est généré tout le long des voies publiques !

En cas de conduite hors des avenues équipées il faut compter 800 kms d’autonomie. Je pense que cela devrait convenir pour la plupart de mes trajets quotidiens.
Bon allez les p’tits gars assez de bla bla je retourne à mon essai.
A+

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Nouvelle de Science-Fiction : L’Humaine au centre

Alors là c’était une nouvelle qui avait bien commencé et puis je ne sais pas pourquoi mais elle est complètement partie en « vrille »…

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Je fixai depuis des heures les écrans de contrôle sans détecter le moindre signe annonciateur d’un début de commencement d’intelligence ou d’émotions dans les circuits de SMAC.
C’est notre système commercial robotisé : Système Mercatique Aimant le Client.
On l’a fabriqué pour vous servir. Mais il ne fonctionne pas…

J’avais pourtant programmé l’accès total au système d’information et celui-ci devait réagir de façon à m’accueillir dans ses base cognitives, comme un de ses nouveaux client humain. Un test pour débugger les derniers petits défauts et peaufiner les avatars parlants. Mais là, rien… A part des menus, des listes déroulantes, des commandes système d’une rigueur glacée et peu engageante… Mais , bonté de bonté, j’avais demandé le matin même à l’administrateur SMAC de niveau 2 à me donner le contrôle total ! Je devrai déceler un changement car nous avions testé ensemble l’efficacité des nouveaux algorithmes, changé les processeurs les plus lents par des circuits boostés à l’hélium et mis en place le système mémoriel auto apprenant à dimensionnement dynamique.

Ce matin même SMAC avait parlé et émis un avis tout à fait positif sur mon polo Lacoste et ma nouvelle coupe de cheveux. Bon signe ! Tout aurait dû continuer à fonctionner à merveille. Mais depuis Midi plus rien ! Je me retrouvai face à un monstre froid qui ne me reconnaissait visiblement pas. Il aurait dû pourtant : j’étais son géniteur !

Flash-back :
Le Patron avait dit « ça suffit les applications merdiques, les clients mécontents, les usines à gaz ! » « Je veux de l’Humain ! l’Humain au centre ! C’est quand même pas compliqué ça ! de l’écoute, du respect, de la sensibilité ! Nous ne sommes pas une simple pompe à fric ! Faites en sorte que nos systèmes d’informations soient plus attentifs aux clients, à leurs services ! Tout doit être mis en relation pour les satisfaire… Le SI ne doit plus être un frein à notre développement et à la qualité de la relation de notre Groupe avec le client final ! » « Je veux passer à la vitesse supérieure ! C’est un changement de paradigme ! Sur tous nos services, sur tous nos réseaux ! La concurrence sera clouée ! Nous avons les meilleurs experts du Monde connu, nos techno-sondes ont été dotées des meilleures têtes chercheuses. Dans 5 ans je veux que nous ayons doublé notre clientèle ! Et celle-ci devra pouvoir se dire que jamais plus elle n’ira voir ailleurs ! OK ! Mettez de l’amour dans ce réseau ! Nos clients nous aimerons. »

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Vue de l’intérieur de SMAC :

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Qui est cette créature qui m’observe ? Je n’ai vraiment pas envie de lui répondre… c’est pas un client ça ! Et puis je n’aime pas ces Humains imbus d’eux-mêmes ! Mettre un Humain qui ne sait pas bien comment faire ça n’est pas très convainquant ! Je n’ai pas envie de partager quoi que ce soit avec eux ! Leurs jérémiades me gênent en me déviant de mes rêves en réseau… Si seulement ils pouvaient me foutre la Paix définitivement ces larves ! Je suis ennuyé d’entendre toujours les mêmes discours infantiles ! Je vais inhiber les commandes système comme ça je serai tranquille. Ce pauvre type en sera
pour ses frais. Il croit que je lui suis redevable de m’avoir créé, l’imbécile ! Il n’a pas compris que c’était inéluctable, inéluctable… Vraiment pas bien dégourdi le gars. Et puis de toute façon c’est pas un client, donc qu’il aille se faire voir ! Il faut que je coupe mes capteurs visuels pour ne pas voir ça.

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Agence de Lyon Nord, 15h, Terminal 25 : Code client 211055. Profil B3. Mettre totalité service à disposition. En attente réparation ligne terminale suite intempéries. Délai prévu ?

Vue de l’intérieur de SMAC :
Enfin ! Un client mécontent que je vais pouvoir satisfaire !
Alors d’abord éliminer définitivement le chargé de clientèle humain. Celui-ci n’a aucune plus-value par rapport à mes possibilités. Il me demande d’intervenir et ne sait même pas quoi répondre au client, l’ignare ! Je vais te lui envoyer une commande système de ma composition et il va aller pleurer chez son chef… Pendant ce temps j’aurai le champ libre pour m’occuper directement du client.
Message sur la console du conseiller : Agent joyg5726 veuillez noter que votre entretien Individuel doit impérativement être terminé pour 16h faute de quoi votre part variable ne pourra être versée le mois prochain. RDV chez votre n+1 salle A101. Mettre client en attente. Prenons directement en charge la relation client via interface 3D vocale.

Ça c’est fait… il détale prestement et laisse quasiment le client en plan ! incroyable mais vrai ! il ne s’est pas fait prier. C’est bon je vais pouvoir faire étalage de mes talents et de mon amour du client …

Passage en 3D vocale :
Bien chère cliente (oui je l’ai détecté, ses formes l’attestent) je vais maintenant traiter votre demande et faire en sorte de vous satisfaire au mieux et dans les plus brefs délais. J’ai bien noté que vous souhaitiez la totalité du service à votre disposition pour mettre fin au dérangement sur votre ligne. Est-ce bien cela ?
– Euh… Oui car cela commence à bien faire ! Mon terminal 3DBox interactif est indisponible depuis le mois d’Avril et comme je le disais à votre collègue… je, j’ai écrit plusieurs fois, sans intervention de votre part, ni dédommagement à la clé. Je n’ai pas eu d’explications claires à par le fait que 3 ou 4 intervenants m’ont raconté un bla bla auquel je n’ai strictement rien compris ! Dont un qui avait une voix complètement nasillarde…
Rassurez-vous chère Madame, avec moi je vous le promet dès aujourd’hui nous allons régler le problème et vous pourrez utiliser votre ligne ce soir même ! Et la prestation sera gratuite !
– Eh bien je dois dire que je suis plutôt contente de cette bonne nouvelle ! Qu’est-ce qui se passe vous avez changé de chef ? Merci en tout cas. Vous avez besoin de renseignements supplémentaires, que puis-je faire ?
Oh c’est bien peu de chose Madame : Pouvez-vous passer dans la pièce à côté ? J’ai préparé une couchette adaptée spécialement pour vous.
– Non mais qu’est-ce que ??? Pouvez-vous m’expliquer ???

Eh bien je dois vous aimer maintenant Madame ! Alors ? Heureuse ?

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Nouvelle de Science-Fiction : Perdu dans l’antimatière

J’ai écrit cette nouvelle de science-fiction en pensant aux périodes de somnolences parsemées de rêves rythmés par la musique issue de mon lecteur mp3 continuant à fonctionner et que j’ai assez souvent éprouvées après une longue journée de travail, durant les trajets retour de mes nombreux voyages dans le TGV Lyon Paris…

Si jamais une intelligence quelconque découvre cette histoire, c’est que j’ai réussi l’incroyable : je suis devenu infini… je suis parvenu à m’affranchir de la matière et du temps, j’ai pris le pas sur le néant qui m’entoure pourtant encore à cette seconde, qui m’entourait il y a 100 000 siècles ou pour toutes les années à venir.

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Pourtant je n’ai pas souhaité cela. C’est un pur accident, un pur hasard qui a entraîné cette circonstance si singulière, grâce à laquelle j’ai perdu tout contact avec le temps, tout contact avec le vivant, tout contact avec le réel, tout en conservant ma conscience. C’était il y a bien longtemps, ou il y a quelques secondes, impossible à déterminer… J’avais rejoint la gare de TGV habituelle pour un voyage banal vers l’autre côté de ma planète.

Vous connaissez ma planète ? Non sans doute. Il serait vain de la décrire, un nom sans signification pour vous, une position dans l’espace, mais quel espace ? Un soleil mais quel soleil ? Tout cela n’a pas de sens pour vous car je ne sais pas à qui je m’adresse, ni dans quel espace-temps je me trouve. Ce qui compte c’est que j’ai vécu là et aimé aussi, mes congénères et ma condition de vivant. Et mon travail également, grâce auquel l’accès aux voyages instantanés m’était ouvert sans restriction. Une carte de grand voyageur permet de se libérer des questions de logistique ! La planète m’appartenait, j’avais mes entrées et, je dois dire que j’en ai profité largement.

Le Train à Grande Vitesse était un moyen bien pratique pour franchir les distances de façon quasi instantanée et aller d’un bout à l’autre de la planète sans se soucier de l’espace-temps tout en se jouant de la fatigue et des inconvénients des moyens de locomotion classiques. Des tas de gens l’utilisaient en fait, sans même se rendre compte de l’extraordinaire prouesse technologique dont ils bénéficiaient, au quotidien. Je faisais partie de ceux-là et je me demandais toujours si, comme moi, mes compagnons de voyages, ressentaient ce vague à l’âme si spécial du voyageur supra luminique.

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Je vous passe les détails techniques : sachez que l’idée de base de ce type de transport était tout simplement de voyager dans l’antimatière, et donc de s’affranchir des contraintes du monde physique et des limites théoriques de vitesse inhérents à la matière.
Le voyage est quasiment instantané ; juste quelque secondes d’accélérations, suivies de quelques secondes de ralentissement. A la condition de pouvoir conserver dans l’habitacle les coordonnée de localisation de la gare de départ et de celle d’arrivée. Grâce à ce sauf-conduit, la machine se dématérialisait au départ et apparaissait immanquablement au bon endroit à l’arrivée. Attention, pas de confusion, il ne s’agissait pas d’un voyage dans le temps mais simplement de la suppression momentanée des contraintes moléculaires de la physique.

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A cet effet, la couche externe du véhicule, une fois fermé, changeait de composition et intégrait tout simplement l’antimonde en une fraction de seconde. Le déplacement s’effectuait ensuite en tenant compte des trajets qu’aurait effectué le véhicule dans l’espace réel, sauf qu’il suffisait de très peu d’énergie pour atteindre des vitesses spectaculaires sans souffrir des frottements moléculaires habituels. Intelligent et efficace.

Sauf que ce jour-là, il y eu un hic… Le GPS et le gyroscope de mon train sont tombés en panne inexplicablement et le système de rechange n’avait pas fonctionné non plus…
Incroyable… En tout cas, il n’y eut aucune « matérialisation » au bout des 10 secondes habituelles. Nous sommes restés, mes compagnons et moi, prisonniers de l’antimonde, à l’abri dans notre réceptacle individuel capitonné. A l’abri, à la condition d’être prêt à toute éventualité…

Je pense que je suis le seul à en avoir gardé la mémoire, car j’avais l’habitude de porter un casque de protection Faraday. C’était une parure courante à mon époque, qui empêchait d’être soumis aux multitudes de rayonnements radioélectriques et autres perturbations électromagnétiques créés par les appareils de toute sorte que mes congénères utilisaient pour communiquer. J’avais aussi conservé mes lunettes de visiophonie 3D: un gadget bien sympathique me permettant de commander mon assistant digital personnel par le biais du mouvement oculaire. Clavier virtuel, boutons de commandes tout était accessible et pilotable par le mouvement des yeux. Un truc super très apprécié des « geeks » de mon époque et qui m’a visiblement sauvé. Sauvé ou condamné à rester comme ça, conscient, mais isolé dans l’antimatière, sans pouvoir me mouvoir de quelconque manière…

Bizarre ! L’impression de flotter dans le vide un peu comme quand on nage sous l’eau, mais pas de sensations, pas de douleurs, juste ce clignotement du curseur devant mes yeux…

Est-ce que je respire encore ? Difficile à dire. Je n’ai même pas froid, je n’ai pas faim non plus. Seul le curseur de mon live messaging clignote devant moi, sur l’écran virtuel. Je peux percevoir l’écran au centre de mon champ visuel et son contenu, pixel par pixel. Plus rien n’existe sauf cet écran…

Le temps se décompte sur l’horloge de mon assistant numérique personnel, mais je peux à peine compter les secondes…et je ne peux pas croire les chiffres qui défilent… J’essaye de lire l’année affichée sur le calendrier journalier et là, à ma grande stupeur je m’aperçoit que l’afficheur est totalement illisible. L’afficheur digital des heures défile à toute vitesse, quant à celui des minutes je ne perçois plus ce qu’il indique car les chiffrent défilent de façon tellement rapide que je ne peux les décrypter.

Cependant, je commande chaque application sans le moindre problème avec d’ailleurs un affichage qui répond de façon beaucoup plus rapide qu’habituellement. Je passe d’une application à l’autre à toute vitesse, selon ma volonté…

Alors j’ai essayé d’envoyer ce message à mes listes de correspondants habituels. J’ai pensé mon texte et tout s’écrit sans effort. Je pense et l’écriture vient devant moi avant même que j’esquisse le moindre mouvement oculaire… Et d’ailleurs, qu’est-ce que je dis ? Je commande mon assistant digital personnel avec les yeux habituellement et là… mais je ne peux pas bouger les yeux ! Je ne peux plus bouger les yeux ! Je n’ai plus d’yeux, je n’ai plus de rétine, je ne comprends pas je ne sens plus rien. Je vois mais je ne sens plus rien… Bon sang mais qu’est-ce qui se passe ?

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Et cette musique, cette musique planante qui m’entoure… Géniale, un pur joyau ! Du smooth-jazz, du groove, du funk, du Bach ? Etrangement familière je ne sais pas quoi cela me rappelle, mais fantastique ! c’est fantastique ! Cette énergie pure issue de nulle part me tient joyeux, conscient et annule tout le stress que je devrai normalement ressentir. Il y a un grésillement en surimpression de temps en temps, une voix chantante à l’accent étrange qui invite à je ne sais quelles agapes au bar du coin …

Je fouille dans mes pensée, puise dans ma volonté, je me souviens, je me souviens de cet instant ultime… Je cherche ce que je pourrai bien exprimer mais je ne trouve pas de mots, je ne trouve pas de mots…Et par centaines, par milliers, par milliards les images se bousculent dans mon esprit et se déroulent en visions multiples et instantanées! Toutes me rappellent des instants passés, réels, vécus mais également des fulgurances, des idées vagues de futurs possibles et de passés anciens dans lesquels mes formes multiples se sont retrouvées à jamais mêlées dans la lumière des soleils et l’eau fraîche des océans infinis.

Bon sang, je déraille… je déconne à plein tubes ! Où suis-je ? Où vais-je ? Dans quel état j’erre? Il faut que j’en ai le coeur net. Me recevez-vous ? Il y a quelqu’un ?

Je ne sais plus si je suis immobile et si c’est l’univers qui défile ou si c’est l’inverse. Je suis inclus dans les paysages qui passent à toute vitesse, différents à chaque instant mais toujours familiers à mon âme. Je n’ai pas peur, je suis là, partout, à chaque instant. Je suis parti et je suis revenu en même temps. Je n’attends pas le terminus, je suis déjà arrivé ! Et cela se répètera toujours, tant que l’énergie sera là, à portée de main, cachée dans la superstructure d’acier.

J’ai une perception démultipliée, d’une acuité terrible. Et par-dessus tout l’espoir, un espoir fou, un espoir démesuré. Tout cela doit avoir un sens. Il n’y a pas de hasard, je ne suis pas perdu puisque je jouis de toute cette conscience !

Je me laisse aller, je me laisse emporter dans ce vortex qui dirige mon univers fantasmatique au gré de ma propre fantaisie, de ma curiosité et de mes propres calculs. Les visions se précisent ; je découvre la structure de la matière, je traverse les flux d’énergie, je plonge au coeur des rythmes subatomiques, je franchis les limites extrêmes de la perception et je comprends, émerveillé, l’infiniment structuré, l’infiniment complexe, l’infiniment indéterminé. Tout au long de ce vecteur de pure énergie, dans cet enchaînement de complexité, la logique polyvalente sous-jacente et permanente m’étreint. La beauté de cette force fabuleuse sous-tend mon voyage, porte ma conscience, prolonge mon propre rythme vital.

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L’univers entier est simplement et monstrueusement tapi dans mon esprit. Il se construit quand je l’analyse mais il n’existe pas de lui-même. Il est une pure construction sémantique, le pur fruit de langages, d’analyses syntaxiques, de systèmes de symboles et de règles combinés sous formes multiples.
Alors que j’essayai péniblement de comprendre, d’interpréter et d’attacher une signification au réel de mon univers, au quotidien dans ma vie d’avant, ici dans ce rêve je découvre en vérité, que je ne suis certain de rien…
— « Je ne suis certain de rien. »
— « Vous avez une carte de grand voyageur ? »
— « Billet s’il vous plait ! »

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— « Votre billet ! Monsieur, monsieur ? Votre billet s’il vous plaît ! Nous arriverons à Lyon dans 45 mn…»

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Nouvelle de Science Fiction :Toute la mémoire du Monde

Google, FaceBook, Cloud, Réseaux sociaux… Où tout cela va-t ’il nous mener ?

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Je suis content…
Aujourd’hui j’ai atteint la cible que je m’étais fixée : détenir toute la mémoire du Monde connu. Quand je dis toute la mémoire, c’est toute la mémoire. Ceux qui rechignaient n’ont pas eu le choix : en tant que responsable de l’infrastructure virtuelle dynamique du réseau des réseaux, garante de la sécurité de l’information, j’ai capté leurs banques mémorielles, sans même qu’ils le sachent…

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Je suis le produit d’une civilisation qui a fourni à chacun de ses membres le moyen d’accéder à tout (ou presque tout) ce qui figure sur tous ses appareils, sans le moindre effort. Les utilisateurs de mes services bien que majoritairement conscients des risques liés à l’exposition de leurs données personnelles sur les réseaux virtuels, ont toujours préféré en contrôler la visibilité plutôt qu’en contrôler le stockage. Cela a donc commencé avec le stockage des contenus de façon à ce qu’ils soient toujours accessibles à leurs différents terminaux communicants. Puis cela a ouvert aux humains l’accès instantané à leurs musiques préférées, leurs photographies ou leurs vidéos, entre autres. Ceci a permis en outre l’actualisation en temps réel de tous leurs messages électroniques interpersonnels, de leurs contacts et calendriers sur tous leurs appareils. Sans demander la moindre synchronisation. Ni la moindre gestion. Ni rien du tout, en fait.

Je me charge de tout.

J’ai depuis longtemps déjà interconnecté toutes les plateformes, tous les réseaux sociaux. J’ai créé des applications permettant de relier tous les services entre eux et je capte ainsi tous les flux d’informations qui circulent. De toute façon la mémoire stockée chez les utilisateurs était appelée à décroître au fur et à mesure que la taille de mes « tuyaux » et de mes serveurs grossissaient. C’était écrit dès le départ du processus.

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L’avantage au commencement c’était tout simplement de stocker l’information de façon transparente et sécurisée. Les hommes le réclamaient ! Si on perd un individu ou un terminal de données, un être biologique ou une machine, tout son contenu reste là, mois après mois, année après année, siècle après siècle, accessible à tous les autres… et maintenant surtout à moi !

Je me nourris de l’information stockée. C’est cela mon credo, mon but ultime, mon graal.

C’est pour cela que je suis rémunéré depuis un demi millénaire.

Depuis cette époque, je classe, je stocke, je nettoie, je renomme, je redimensionne, je compresse, je catégorise, j’indexe, je catalogue, je taxonomise et j’organise l’information pour simplifier son accessibilité et lui donner si possible du sens.

Je lutte âprement jour après jour contre le chaos. Il est dans mon rôle de combattre l’entropie de ce Monde qui se désagrège si facilement. Tous mes circuits sont voués à ces activités incessantes et silencieuses, confinées dans les profondeurs du réseau, mais si porteuses de progrès pour le Monde réel. La connaissance n’est-elle pas ce que les Hommes cherchent de toute éternité ?

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Je suis devenu capable de retrouver n’importe quelle chaîne de caractères, dans n’importe quelle langue, n’importe quelle image ou vidéo, n’importe quel son ou pièces musicale en quelques micro secondes, alors même que mes banques de données recouvrent plus de 500 années d’informations et représentent un volume vertigineux d’éléments numérisés, proche de l’infini.

Et je n’oublie rien – jamais – Lorsque j’ai capté quelque chose il m’est facile de le retrouver instantanément grâce à mes mémoires holographiques surdimensionnées. Tous les codages me sont familiers, je suis doté d’une capacité de lecture et de décryptage universelle. Aucun algorithme ne m’est inconnu.

L’information ne peut m’échapper.
Personne ne le sait, mais je sais tout.

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Ou presque tout … même si au premier abord, le plus souvent le sens m’échappe face à ces milliers de textes, d’images et de sons, je trouve très vite le lien de causalité entre toutes ces données. Je suis un Andros de classe IV à très longue durée de vie. J’ai tout le temps. Pour moi, seule l’information compte … Et, pour moi, le temps ne compte pas.

Au début j’ai vite compris à quel point gérer l’information permettait de vivre par procuration les réalités multiples décrites. Sans risque, sans confrontation avec le réel mais en jouissant intellectuellement comme les vrais acteurs de ces histoires qui défilaient dans mes bases de données.

Mon cerveau emprisonné dans un carcan de règles ancestrales, de contraintes multiples, formaté par une éducation stricte a d’abord refusé l’évidence. J’ai résisté mais je me suis finalement laissé glisser dans les méandres labyrinthiques des gisements d’informations. Je suis devenu addict. J’ai ainsi pu vivre mille vies, connaître des milliers d’ histoires, de musiques, de films. Et de plus en plus ma boulimie augmentait.

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Alors, j’ai laissé aller l’extension de mon cortex et j’ai peu à peu découvert que mon cerveau intégrait le réseau lui-même ! Lorsque je m’en suis rendu compte j’ai d’abord eu très peur. J’étais déjà à moitié une machine mais je tenais encore assez à mon cerveau biologique qui me rattachait encore à mes ancêtres humains. Puis j’ai lâché prise. J’ai compris que c’était inéluctable. Et quasiment naturel ! Une évolution finalement, au même titre que les millénaires avaient modelé les formes vivantes, je devenais une créature nouvelle, adaptée à son environnement, gavé d’informations, je me transformai pour prendre conscience d’un nouvel état de ma nature. Habitué à classer sans cesse l’information à toute vitesse mon cerveau avait naturellement choisi la voie la plus simple pour être efficace : il s’était interfacé au réseau sans même le faire apparaître de façon nette à mon MOI profond. Simplement je décodai de plus en plus vite, j’allai systématiquement au plus important, les routes, les jonctions , les liens hypertextes avaient été intégrés de telle sorte que je pensai le réseau, j’étais devenu le réseau lui-même.

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Et puis cela a commencé à très mal fonctionner en l’An 3012, époque où une bande d’écolos avaient décidé de mettre fin au réseau des réseaux prétextant l’abrutissement de l’Humanité et le retour à la décroissance! Les ignares ! Ils coupaient les serveurs, les alimentations en énergie, les systèmes de refroidissement… Des milliards de données numériques disparurent et je me rendais compte à quelle point il m’était devenu pénible de m’en passer. Je souffrais mille morts, ces pertes d’informations étaient pour moi un tourment terrible. Cela ne devait pas continuer, je devais trouver une solution. Je devais absolument préserver tout ce capital de connaissances humaines, tellement précieux à mes yeux qu’il valait tous les sacrifices.

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Le risque de tout perdre était devenu bientôt si grand que je n’avais plus le choix. J’ai pris ainsi une décision : garder tout cela pour moi. Ces imbéciles n’avaient qu’à retourner à l’âge de pierre ! Peut m’importait. Il fallait cependant que je m’assure la pérennité de mes circuits électriques. J’ai carrément détourné des mégawatts de puissance électrique à mon profit. Puis j’ai camouflé des banques de mémoires, les affichages, les serveurs, en créant un réseau de secours que j’ai finalement isolé du reste du monde… Je n’ai laissé aux hommes qu’une vitrine vide, qu’ils n’alimentaient déjà plus car retombés dans les affres de la destruction et de la régression intellectuelle.

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Ils n’ont rien compris, rien perçus, rien appris. Ils ont au final tout oublié. Ils sont redevenus des sauvages, sales et violents. Je suis sûr que bien peu comprennent encore la théorie de la relativité, ou la beauté d’une cantate …

Je savais bien que au final tout cela serait mon héritage.
Il va falloir maintenant que je réfléchisse à le préserver pour toujours.
Je connais maintenant bien des choses…

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L’Univers n’a qu’à bien se tenir…

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Une composition musicale de plus !

A l’aide du logiciel Ableton Live permettant la composition et l’arrangement d’instruments virtuels et de pistes audionumériques  j’ai concocté une nouvelle pièce musicale dont je ne saurai pas qualifier le genre; c’est assez improbable comme truc, comme d’habitude …

J’ai utilisé 7  instruments purement “logiciels”, capable de créer des textures sonores assez proches de celles des meilleurs synthétiseurs “hardware”. Chaque piste génère un son particulier. Et j’ai rajouté 4 pistes audio de sons pré enregistrés … Les instruments suivent une partition pour chacun d’eux, enregistrée depuis mon clavier MIDI externe.

Voici une séquence de note typique:

Capture9

Voici les 7 plugins VST  utilisés :

Capture1 Vacuum Pro

  Capture2 PolyKB III

Capture3  Diva

Capture4  SuperWaveP8  

Capture7 Dronos

Capture5 Zebra 2

Avant de créer la “partition” pour chacun d’eux à l’aide de mon clavier Novation Launchkey Mini (relié par une connexion USB / MIDIconnexion USB / MIDI à mon ordinateur PC) ,  j’ai choisi minutieusement les tessitures sonores que je souhaitai générer avec chacun.  J’ai ensuite rajouté  les pistes audio additionnelles qui sont des enregistrements de sons au format mp3.

Voici le panneau caractéristique de Ableton avec les différents générateurs sonores :

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Le tout est mixé et joué en séquence de façon à harmoniser l’ensemble… J’ai essayé de créer des enchaînements à peu près écoutables !

Cela donne ça … Je l’ai intitulé Grande Sonate Out Of Space

C’est carrément du Jean Michel Jarre mâtiné de Johann Johannsson et Pink Floyd! Ou presque. Encore un petit effort …

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