Pas sûr que vous soyez d’accord … (2ème version)

J’ai revu cet article pour le rendre plus précis …

Sans la technique l’Homme aurait-il pu perdurer ? On peut se poser la question. En tout cas, pour prolonger l’être Humain, pour élargir son champ d’existence, d’action et de pensée, il me parait très probable que l’humanité passera par un stade qui rapprochera de plus en plus les mondes physiques naturels et les mondes numériques virtuels créés par la technique humaine. Mais, à l’heure où l’outil est devenu machine et où la technologie s’émancipe de son créateur , il me semble cependant qu’il faut, d’un point de vue humaniste et moral , être extrêmement vigilant face à cette perspective qui n’est déjà plus de la fiction.

Ceci m’a amené à écrire le texte suivant. Il va vous paraitre sans doute assez “touffu”, mais je le tente …

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Aujourd’hui, du fait du progrès fulgurant des sciences et techniques, face à un futur qui déjà se construit bien au-delà de l’évolution biologique avec des machines qui n’ont plus ni localisation ni frontière, est-ce que les notions d’humanité et d’humanisme ne sont pas appelées à évoluer ? Je rappelle qu’on désigne habituellement par « humaniste » toute pensée tolérante qui met au premier plan le développement des qualités essentielles de l’être humain. Cette forme de pensée optimiste sous-tend la recherche constante d’un progrès de la civilisation où l’être humain serait à la fois libre à l’égard des contingences de la nature, grâce au progrès technique, et libre à l’égard des autres êtres humains au sein d’une société sans classes et sans luttes grâce à une constitution universellement protectrice. Fondé sur le respect et la justice, l’ humanisme revient en particulier à respecter les droits fondamentaux de l’être-humain et consiste à s’imposer, vis-à-vis de tout être humain, des devoirs et des interdits éthiques : ne pas tuer, ne pas torturer, ne pas opprimer, ne pas asservir, ne pas violer, ne pas voler, ne pas humilier… L’humanisme est ainsi porteur de valeurs qui ont un attrait universel par leur logique et leur efficacité et est amené à transcender toutes les cultures. Dans un tel cadre, l’individu, correctement instruit, reste libre et pleinement responsable de ses actes. Les notions de liberté ou de libre arbitre, de bienveillance, d’indépendance, d’ouverture et de curiosité sont fondamentales . Il s’agit ni plus ni moins que de faire progresser la civilisation vers une forme idéale, où l’humain trouvera un plein épanouissement.

Mais à l’heure où l’interaction être humain/machine se fait de plus en plus pressante ne sommes-nous pas en train d’assister à l’émergence d’une autre humanité, plus vaste, englobant ce qui n’est pas humain au sein de la nature ? Avec l’arrivée de l’Intelligence Artificielle à laquelle à priori, nous n’échapperons pas, puisqu’elle a pour but de nous servir, on peut effectivement s’interroger sur l’avenir de l’humanisme, la notion d’humanité risque d’être brouillée… Essayons d’y voir plus clair …

I/ Cette évolution n’est-elle pas inscrite dans notre propre nature humaine ?

Possédant la faculté de comprendre pour nous adapter à l’environnement ou au contraire pour modifier l’environnement pour l’adapter à nos propres besoins nous avons considérablement amplifié nos connaissances. Depuis des temps immémoriaux la connaissance approfondie des plantes a permis l’élaboration de breuvages, de potions et de médicaments pour guérir, soulager l’homme de ses maux. Ainsi mieux armé contre les maladies celui-ci a pu au fil des millénaires se protéger mieux pour évoluer tout en capitalisant sur le savoir acquis , retransmis de générations en générations. La science réparatrice s’est accélérée pour fournir aujourd’hui de puissants moyens tels que les opérations chirurgicales. Ces belles avancées ont permis de repousser encore un peu plus loin les limites de la vie en triomphant de maladies et d’accidents jadis mortels. Cette accélération de la science et des technologies associées consacre aujourd’hui l’avènement du génie génétique. On commence à toucher à l’origine du vivant ce qui met l’homme face à de nouveaux défis. Nous avons ouvert la boite de Pandore : Irrémédiablement appelé à se techniciser de l’intérieur, l’homme manipule sa condition et se soumet à la plus attrayante des tentations : celle d’être toujours plus puissant avec en corolaire, le risque de s’annihiler. Par exemple, que dire de la possibilité qui nous est désormais offerte de cloner partie du vivant pour le reproduire à l’identique ? Que dire des travaux sur les cellules souches, destinées à l’obtention d’organes de rechange, compatibles à 100% destinées à servir de greffons à l’original défectueux ? Pourtant ce scénario qui apparait bien horrible et inacceptable au plan éthique n’est-il pas une voie possible pour soulager l’Humanité et la délivrer de la Mort ? Ne peut-on pas par ce moyen accroitre le bonheur du plus grand nombre ? Où est le Bien où est le mal ? Même genre de question avec la recherche sur l’ADN qui décrypte les secrets de notre constitution physique, qui nous permet des manipulations génétiques de plus en plus précises ou avec le séquençage du génome humain permettant à chacun de connaître les maladies dont il est potentiellement porteur. Autre question : Si on arrive à créer des fruits et légumes qui n’existent pas dans la nature telles que des tomates noires par exemple, pourquoi ne pas imaginer une manipulation qui touche aux caractéristiques mêmes de l’humain, comme un troisième œil à large sensibilité spectrale, ou une peau verte synthétisant la chlorophylle ? En tant que créature verte à trois yeux, serons-nous toujours considérés comme des êtres humains ? Mais, en fin de compte, y’a-t ’il une forme idéale de l’humanité ? Nous avons de toute façon déjà fait le choix d’interdire à la nature de décider seule ! Alors ? Amélioration ou sélection ? Comment concilier le développement de la science tout en en limitant les abus et les dérapages. Qu’entend-t-on par dérapage ? Là encore tout est relatif ! N’oublions pas qu’ autopsier des cadavres était il n’y a encore pas si longtemps considéré comme un sacrilège… cela a tout de même permis des avancées scientifiques et médicales essentielles pour le bien de tous !

Ainsi, avec tous ces progrès, on a la possibilité d’augmenter les performances et l’intelligence de l’être Humain d’une façon extraordinaire. La technologie et la machine jouent de plus en plus un rôle important dans cette transformation. On en arrive aujourd’hui au concept de « l’homme augmenté » qui consiste à le doter de prolongements artificiels non seulement pour le réparer mais aussi pour améliorer ses fonctions de base et amplifier ses différents sens voire d’en acquérir de nouveaux.

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II/ l’Homme augmenté, la machine en soutien, réalité de demain ou déjà d’aujourd’hui ?

Très tôt l’Homme a su fabriquer des prothèses pour remplacer un membre disparu. Toujours plus performants, ces prothèses ont été améliorées au fil du temps. Simples formes dans un première génération , ces attributs artificiels utilisent aujourd’hui les technologie dernier-cri de l’informatique et de la cybernétique pour leur donner les fonctionnalités du membre ou de l’organe perdu. En ce 21ème siècle les progrès sont fulgurants et d’une prothèse inerte, on est passée à une prothèse intelligente interfacée avec les nerfs du patient. Cette super prothèse est faite pour remplacer un organe déficient ou pour compenser un handicap individuel, la machine venant en soutien à l’individu. Il me semble que le progrès humain est ici bien notoire : pouvoir appareiller un nourrisson né sans jambes ou sans bras, permettre à un manchot équipé d’une prothèse intelligente de retrouver un membre fonctionnel … Il en est de même pour les implants de toute nature que ce soit pour recouvrer l’ouïe ou la vue, ou pour réparer les dégâts causés par un cancer ou par l’ostéoporose. Tout cela est bien légitime et participe du progrès humain.

Mais, vous savez comme moi que tout ce qui est donné à l’homme de faire, il le fera, un jour ou l’autre, il semble que cela soit dans sa nature profonde. Du coup l’utilisation de machineries intelligentes dans l’optique de créer un être très supérieur aux autres a très certainement effleuré l’esprit de certains. Non pas pour guérir ou réparer mais uniquement dans une logique économique et militaro-industrielle de domination . Cet homme augmenté le serait pour être le plus fort, le plus rapide voire le plus intelligent. D’ailleurs, ne soyons pas naïfs : tous les êtres humains ne sont pas égaux pour en profiter. Nous touchons ici au problème, qui n’est pas nouveau, de l’inégalité de la répartition des bienfaits de la connaissance et de la technologie. Une humanité nouvelle est bel et bien en train d’émerger, se transformant petit à petit avec l’aide des machines et où ceux qui auront les moyens pourront accéder à des pouvoirs supérieurs à l’Homme «naturel». Vous en faites déjà partie.

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En effet, si les machines de première génération : roue, hache, levier, moteur … étaient des outils extérieurs que l’on pouvait empoigner, saisir, utiliser, ils ne changeaient pas réellement notre rapport au monde. Ils nous permettaient simplement d’agir plus efficacement. Mais avec l’invention dès le 19ème siècle d’ une coopération à grande échelle de parfaits inconnus pour accomplir des tâches complexes nous en sommes arrivés à concevoir des machines beaucoup plus évoluées : ordinateurs, communication à grande distance … Toutes ces sortes de prothèses qui sont déjà des extensions de nous-mêmes, en nous rajoutant des fonctions mémoires et sensorielles inversent ce rapport : la machine n’est plus extérieure à nous, elle est directement reliée à nous. Elle est devenue le monde dans lequel on vit, pense et interagit. Dans une certaine mesure, nous sommes déjà des cyborgs car une réalité augmentée est désormais dans le creux de nos mains. En corolaire, physiquement, la technologie se rapproche, envahit nos corps. Ainsi vous avez tous un téléphone dans la poche, des écouteurs sur les oreilles, des écrans devant les yeux. La machine est de plus en plus proche, plus invasive … Avec l’expansion de tous ces dispositifs nous avons désormais accès à la communication instantanée non seulement entre les hommes mais aussi avec les machines invisibles, qui, dans les entrailles de nos réseaux d’objets connectés s’immiscent dans de nombreux domaines et bousculent nos modes de fonctionnement ! Pour améliorer notre interfaçage avec la machine, certains sont déjà en train de mettre au point une technologie de « cordon neural » permettant de se connecter directement en se passant des claviers, souris, et autres écrans ou dispositifs considérés comme beaucoup trop lents ! L’information, cette nouvelle matière première, circule à la vitesse de la lumière entre tous ces terminaux et nous-mêmes et s’enrichit de façon vertigineuse, comme jamais dans l’histoire de l’humanité.

« Au fil du temps, nous verrons une fusion plus étroite entre l’intelligence biologique et l’intelligence numérique. Tout dépend de la bande passante du cerveau. Une interface à large bande passante vers le cerveau sera quelque chose qui contribuera à la symbiose entre l’intelligence humaine et celle de la machine, ce qui résout un problème de contrôle et d’utilité »(Elon Musk)

Nous sommes face à une rupture qui bouleverse inexorablement notre rapport aux autres, au monde et à soi. Quant à la liberté d’utiliser ou de repousser la technologie, celle-ci deviendra de moins en moins possible. On peut bien sûr ne pas se connecter à Internet ou ne pas avoir de portable, mais cela devient extrêmement difficile parce que la quasi-totalité des rapports sociaux quotidiens passe de plus en plus par la médiation de ces interfaces artificielles. Ainsi l’humain déconnecté devient peu à peu l’exception et toutes ces machines amassent une somme considérable de données  nous concernant, y compris parmi les plus intimes.

III / Les machine évoluent de façon exponentielle

Nos technologies fabriquent d’ores et déjà les technologies des générations suivantes cherchant systématiquement des améliorations et démontrent qu’il s’agit là d’une nouvelle forme d’évolution, non pas endogène à Mère Nature mais plutôt créée de toute pièce par la pensée humaine. L’un des produits de cette gestation est l’intelligence artificielle qui arrive en force. L’ intelligence c’est la « faculté de comprendre », c’est l’aptitude à lier des éléments entre eux, à faire preuve de logique, de raisonnement déductif et inductif. Dans ce sens, elle est liée au langage et à la pensée abstraite, ce qui est le propre de l’humain. Mais plus exclusivement car nous avons inventé l’intelligence artificielle dont sont maintenant dotés de plus en plus de systèmes informatiques interconnectés … En effet, si il n’y a pas si longtemps nous en étions encore à l’équivalent du grille-pain, désormais certaines machines peuvent simuler une certaine conscience. Ainsi, il est un domaine où la machine tente de se faire passer pour un humain et où les progrès sont fulgurants : c’est le domaine des robots conversationnels  (chat bots) accessibles via Internet. Il s’agit de programmes informatiques capables de simuler une conversation (plus ou moins) intelligente avec un ou plusieurs utilisateurs humains et capable de «répondre» de manière la plus sensée possible à des requêtes exprimées par des humains, 7 jours sur 7, 24 h sur 24, sans aucune interruption. Les systèmes de première génération à base de programmation, simple, reposaient sur l’association de questions / réponses prédéterminées. Les systèmes conversationnels de seconde génération nouvellement en service, sont conçus sur la base d’algorithmes de plus en plus complexes faisant appel aux technologies d’intelligence artificielle et peuvent changer de sujet de conversation, suggérer des sujets liés, faire preuve d’humour, simuler l’émotion. Les plus évolués disposent même d’une faculté d’apprentissage pour prendre en compte dans leurs messages les interactions passées. Le medium de communication peut être l’écrit ou l’oral par synthèse de la parole. De plus, non seulement ces machines peuvent parler avec des voix synthétiques mais grâce à la reconnaissance vocale elles peuvent réaliser une analyse sémantique de nos questions. Alors, même si le terme «intelligent» doit encore être relativisé ces systèmes marquent une rupture extraordinaire : les programmes et algorithmes se sont développés au point qu’aujourd’hui la machine ne fait plus qu’exécuter bêtement : aussi surprenant que ce soit, la machine apprend par elle-même de ses propres échecs et des résultats de sa propre interaction avec l’humain qui, de surcroit, transplante tous les jours un peu plus ses connaissances et ses questionnements dans les machines les rendant de ce fait de plus en plus performantes.

Cela commence à donner des résultats incroyables … Dans le domaine de l’apprentissage peu à peu la machine devient un incontournable médiateur avec des avatars parlant capables d’enseigner à distance, ou dans le domaine du diagnostic médical, ou encore dans les évolutions du transport avec des véhicules autonomes. La liste est non exhaustive et grandit chaque jour. Les machines démontrent qu’elles sont capables de traiter les données beaucoup plus rapidement que nous-mêmes et qu’elles deviennent de plus en plus intelligentes, tel l’ordinateur AlphaGo qui a initialement été entraîné pour « imiter » les joueurs de GO, en retrouvant les coups enregistrés lors de dizaines de milliers de parties menées par des joueurs experts. Une fois un certain niveau atteint, il s’est entraîné à jouer des millions de parties contre d’autres instances de lui-même, pour s’améliorer et ainsi gagner systématiquement les meilleurs champions humains.

Reliées en réseaux elles ont accès à un cursus de règles, de programmes, de données avec des capacités de corrélation massives et instantanées pour en extraire les informations. En interconnectant en temps réel toutes les données utiles , ce réseau établit une nouvelle étape de civilisation, que l’on pourrait qualifier d’âge de l’esprit si tant est qu’on soit en capacité de l’utiliser. Mais, si demain, par cet interfaçage et une puissance qui croit de façon exponentielle les réseaux d’ordinateurs parvenaient à acquérir un certain Quotient Emotionnel ce qui est le propre de l’homme, alors qu’aurons-nous créé ? Tant que les machines n’exécutent que des enchaînements de tâches logiques, les décisions qu’elles prennent sont prédictibles et raisonnées. Mais avec l’apparition de l’émotion, ces machines-là ne deviendront-elles pas des êtres à part entière? Seront-elles capables, de nous aider à poursuivre notre quête d’humanité, pour nous servir, pour nous « augmenter » ou finiront elles par nous détruire à petit feu en passant à un stade imprévu de l’évolution ? Certains évoquent déjà le concept de « singularité technologique » (c’est-à-dire le moment où l’IA pourrait prendre le dessus sur l’homme en prenant conscience d’elle-même).

Il ne s’agit plus de fiction car de nombreuses sociétés travaillent pour que cela devienne réalité. Par exemple les chercheurs de GOOGLE ont créé un système d’Intelligence Artificielle qui mélange apprentissage et capacités de simulation, et qui peut apprendre à connaître son environnement, puis réfléchir, avant d’agir. Autre exemple, une société américaine a recréé la personnalité d’un mari décédé trop tôt à partir de tous les mails, de tous ses SMS et toutes les communications échangées entre lui et son épouse. Celle-ci a désormais l’impression de discuter à nouveau avec son mari tous les jours. Avant, on se recueillait quelques minutes devant le portrait du grand-père trônant sur une étagère. Maintenant, il y a les pages Facebook des proches décédés qui nous rappellent, à chaque instant leur absence et leurs pensées les plus intimes. Bientôt on échangera des SMS avec les avatars de nos chers disparus dont les pensées continueront d’exister dans la matrice …

IV / Qu’est ce qui fait que nous sommes humains ?

C’est donc un fait : si l’homme se rapproche de la machine celle-ci englobe l’Homme peu à peu. Alors que nous sommes de plus en plus interdépendants et interconnectés, que devenons nous en tant qu’être ? Tout cela interroge notre rapport à la mort, à travers notre empreinte numérique qui peut continuer à exister au-delà de nous-mêmes. Mais sont-ce nos idées, nos pensées, nos angoisses, nos joies, nos caractéristiques naturelles et physiologiques d’être vivants et pensants qui nous rendent humains? Sans doute les deux, mais avec l’avènement des prothèses intelligentes comme vu précédemment, peut-on rester humain ? En effet, à moyenne échéance, on peut très bien imaginer une chirurgie qui remplacera au fur et à mesure tous les organes défectueux. Mais si demain, un humain ne possède plus que des organes artificiels, qu’en sera-t-il ? Comment sera-t-il considéré par ses congénères ? Avouez que cela deviendra troublant. Poussons le raisonnement encore plus loin, son cerveau décline et il y a possibilité de remplacer quelques zones de neurones dévastés par un réseau de neurones artificiels, possibilité que l’on imagine déjà à l’heure où je vous parle. Peut-on envisager comme possible l’avènement d’un être au comportement encore humain embarqué dans un corps en partie artificiel ? L’Humain est-il dans le contenant ou dans le contenu ? L’Humain est-il dans l’individu ou dans le cursus commun aux hommes et aux machines ?

V / Autre problème : doit-on préserver l’éthique ou les enjeux financiers ?

Autrefois la science était concentrée entre les mains de quelques chercheurs, savants et souvent philosophes. Mais aujourd’hui il faut être extrêmement vigilant : la science se développe de manière exponentielle, les technologies sont créées par des millions d’individus, chacun ne disposant que quelques compétences et connaissances. De plus aujourd’hui les machines créent elles-mêmes des machines si complexes qu’aucun individu ne peut embrasser à lui seul la connaissance des technologies mise en œuvre. Et, il fallait s’y attendre, depuis peu, l’Intelligence artificielle engendre elle-même, sans intervention humaine, de nouvelles évolutions. Ces  technologies  de très grande complexité vont devenir omni présentes et, si nous n’y prenons garde il ne sera bientôt plus possible d’en contrôler l’évolution.

En effet, n’oublions pas que du fait de l’existence de multinationales qui l’ont parfaitement compris, l’Intelligence artificielle est devenue un enjeu de premier plan. Des sommes considérables y sont consacrées, c’est un Business potentiellement lucratif dont le but n’est pas forcément l’amélioration de la condition humaine en général. Ce n’est pas nouveau : la science, la connaissance, la technologie sont des outils de pouvoirs trop souvent laissés aux mains exclusives de lobbies qui les utilisent comme moyen de pression y compris sur les gouvernements. Mais avec ces technologies toujours plus puissantes, de nombreuses expériences sont menées sans contrôle, ouvrant ainsi le champ des possibles d’une façon inimaginable. Par ailleurs j’ai bien peur que si on entraîne une intelligence artificielle avec des données racistes, elle soit tout aussi raciste que ses concepteurs. Comment faire, pour tenter de réguler, d’influer d’encadrer pour éviter les dérives contraires à la dignité humaine ? Et comment définir ces mêmes dérives ?

VI) Voilà beaucoup de questions, de craintes mêlées d’espoir et de confiance en l’avenir .

Ce que je souhaitai avec ce texte, c’était montrer que au-delà d’un humanisme « classique » qui a été l’affirmation de l’individu arraché à ses chaines d’appartenances sociales et religieuses on entrevoit la nécessité d’une forme d’ humanisme plus vaste, plus difficile à appréhender, passant par un lien étroit avec des systèmes cybernétiques que nous avons créé de toutes pièces, et donc en lien avec ce qui n’est pas humain au sein de la nature, au sens de la théorie de Darwin. Il semble en effet que nous soyons inéluctablement conduits à nous interfacer d’une manière ou d’une autre à un monde de plus en plus artificiel mais cependant bien réel que nous avons-nous même créé dans le but de nous prolonger. Les valeurs et les caractères humains seront-ils augmentés et encore plus humains que ne l’a produit l’évolution «naturelle» ? Nul ne le sait encore mais je crois qu’on doit y réfléchir dès maintenant. Il faut reconnaitre et anticiper ces changements radicaux et les possibilités provoquées par toutes ces évolutions afin de ne pas avoir à les subir un jour ou l’autre sans espoir de retour.

L’humain n’a pas jailli du néant tel une création ex-nihilo mais est une invention des hommes, qui repose sur notre formidable héritage historique partagé. Aujourd’hui, par la communication mondialisée permise par nos technologies, nous commençons à mieux comprendre que toute l’humanité est un seul corps intégré, que nous sommes tous liés et dépendons tous les uns des autres, que la conscience n’existe pas uniquement dans le cerveau, que la globalisation renforce le fait que nous agissons comme un tout unique, comme un super « être ». On peut espérer que cette élévation de notre plan de conscience permettra le dépassement de nous-même en tant qu’individu temporaire et forcément limité pour accéder à un champ de conscience plus vaste, une sorte de « conscience collective de l’humanité ». Cependant, cette conscience collective est encore à l’état embryonnaire. Aussi, pour l’aider à grandir et guider notre force créatrice il nous faudra bien assumer les risques des techno sciences, pour doter bien au-delà de notre évolution naturelle, un sens humain à la réalité  de demain. Dans cette phase post-Darwinienne de l’existence, dans laquelle les humains et leurs machines contrôlent l’évolution, les mutations aléatoires de Mère nature doivent être remplacées par des changements guidés par la connaissance, la raison, la morale et l’éthique. Alors, les machines intelligentes mèneront notre vie mentale vers plus de créativité, de curiosité, de beauté et de bonheur.

Par contre, en cette époque où la vague des nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives (NBIC) offre des perspectives extraordinaires pour amplifier l’aventure humaine, la disqualification des classes populaires mal ou peu formées est un vrai risque. Par ailleurs l’abrutissement des foules focalisées sur des jeux individualistes et débiles mis à disposition par des développeurs peu scrupuleux peut nous dévier de l’étude et de l’effort. Etant un peu provocateur et particulièrement sceptique, il me semble que rien ne serait plus dangereux que de laisser s’installer une société de machines intelligentes conduire la vie d’ une masse d’humains aliénés par la consommation, déresponsabilisés, oisifs, fussent-ils rémunérés de façon universelle ou calmés au cannabis ! On en est pas loin !

Pour conclure : je n’ai pas un avis tranché sur le sujet mais il me parait assez probable que le futur de l’humanité dépendra de comment nous nous interfacerons avec nos prolongements artificiels … Alors, au cas où, pour rendre le futur possible et vivable, entre folie technologique, appât du gain et ignorance … soyons vigilants à ne jamais abandonner les concepts de l’« individu libre et autonome» dans un cadre ou chacun doit s’appliquer au perfectionnement de lui-même sans oublier … de faire gaffe aux machines.

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Bonne pêche …

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Plein les yeux !

Avec mon ami le Commandant Henri, ex policier en retraite, excellent camarade de randonnées à VTT ou à moto, nous décidâmes en cette fin Juillet d’aller faire la traversée des Pyrénées à moto. Ni plus ni moins ! On emmène les tentes de camping, quelques bagages et on verra bien ! l’idée étant de se repaitre de la beauté de nos paysages français du Midi Pyrénées, de rouler, rouler, rouler pour sentir le vent de l’histoire et se sentir encore jeunes malgré nos douleurs de sexagénaires. Bref, c’est l’aventure ! Ce bon Henri connait tous les chemins tortueux des Pyrénées et je suis ainsi certain de ne pas voyager sur des voies sans intérêt et sans un minimum d’adrénaline … Voici tout d’abord le parcours que nous fîmes. Il représente 1900 kms et fut exécuté du Vendredi 28 Juillet au Vendredi 4 Aout par une température en moyenne de 33 degrés ! Bref on est rentré complètement claqués mais heureux.

Parcours

Les étapes sont téléchargeables ci-dessous, au format Google Earth :

28 Juillet : de Saint Jean de Bournay à Cavenac

29 Juillet : traversée des Corbières jusqu’à Tarascon sur Ariège

30 Juillet : de Tarascon sur Arièges jusqu’à Bagnères de Luchon

31 Juillet : de Bagnères de Luchon à Arette

1 Aout : de Arette à Bournel, Maison Neuve chez mon ami Hubert.

2 Aout : jour de repos, de philosophie et de bombance dans le Périgord.

3 Aout : de Bournel à Aurillac

4 Aout : d’Aurillac à Saint Jean de Bournay

Nos puissantes machines ont parfaitement fonctionné durant tout ce trajet. Fort heureusement aucune panne ne fut à déplorer …

Henri sur sa Yamaha 1300 Midnight :

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Votre serviteur sur sa bonne vieille BMW  GS 1200 :

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1 er jour :

Après La Salvetat et Saint Pons de Thomières nous trouvons près de Cavenac un camping à la ferme tenu par un Hollandais, ancien capitaine de navire.Le lieu est rustique mais nous aussi, alors tout va bien …

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2ème jour :

Nous traversons les Corbières à l’Ouest de Narbonne, et attaquons les Pyrénées au-dessus de Perpignan, en passant par Ax-les-Thermes :

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Nous dormons au camping municipal de Tarascon sur Ariège :

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3ème jour :

Direction Luchon

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Nous dormons au Camping municipal de Luchon sous un énorme Cèdres …

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En partant j’oublie mes lunettes sur mon porte bagages, elles tombent, je roule dessus … Ah ben c’est sûr ! Elles vont nettement moins bien marcher maintenant !

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4ème jour :

On attaque les grands cols : Aspin, Tourmalet, Aubisque … Au col d’ Aspin, croyant jouer avec un moucheron,  une (vieille) vache me met un coup de corne à la main gauche … J’ai ensuite un peu de mal à jouer de l’embrayage … ça aurait pu être pire. Heureusement que j’avais mes gants de moto !!!

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Tourmalet

Aubisque

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Après ce périple, nous couchons au camping municipal d’Arette, le temps devient nuageux alors on prend nos précautions …

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5ème jour :

On repart … On ne passera pas comme prévu initialement par le Col de Roncevaux et l’Espagne car le temps est à l’orage … On remonte directement vers Bergerac pour une journée de repos chez mon copain Hubert.

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On casse la croûte à Aire sur l’Adour

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Puis direction Marmande, puis Bournel, lieu dit Maison Neuve où l’on arrive en soirée, complètement lessivés … L’accueil de mes amis Catherine et Hubert est à la hauteur.

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On est comme chez nous, bien que le vieil Anar torde un peu le nez à l’idée de recevoir un ancien flic !!! Mais il va vite se rendre compte que l’ami Henri est un gars bien … ça ne l’empêche pas de lui faire quelques signes de défiance … sacré Hubert … Bref on passe notre 6ème jour à nous reposer, à philosopher, boire, manger, jouer aux échecs, discuter, ripailler, déconner, bref. Du bon temps ! En plus Catherine, connaissant les vertus des huiles essentielles, soigne ma main avec un flacon de Gaulthérie. ça marche ! Ma main désenfle en un clin d’oeil !!!

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Hubert est un habile bretteur, prompt à la discussion provocante et passionnée. Avec lui les discussions, on dirait du Ferré. Du coup je lui tire le portrait …

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Catherine et Hubert sont biens là bas dans le Périgord … Un peu loins mais pas ennuyés par les voisins ça c’est sûr !!! De vrais amis …

Hub&Cat

7ème jour :

  • On repart, direction Aurillac. On va suivre un peu la Dordogne puis le Lot du côté de La Roque-Gageac, Sarlat, Gourdon et Rocamadour pour tenter de voir quelques beaux châteaux ou belles bâtisses  …

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Nous atteignons ensuite Aurillac ou nous dormons à l’Hôtel. Plus la force de monter/démonter les tentes …

8ème jour :

On rentre, en passant par le Puy Mary et le Pas de Peyrol … ça se mérite !!!

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Et voilà ! Un bien beau périple … La France c’est très, très beau. Chaque lieu, chaque route, chaque rivière, chaque village nous rappelle que ce Pays est très ancien. Tout au long de ce voyage, les yeux rivés sur la route ensoleillée qui poudroie et la montagne qui verdoie, perché du haut de mon fier destrier, accompagné par  Henri, rude et courageux compagnon,  j’ai senti revivre en moi les gènes d’un lointain passé aventureux … ( Eh Oh je déconne hein !!!) Quoique …

Vous pouvez aussi voir cette histoire dans un format d’images plus détaillé ICI

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Soirée Echecs avec mon pote Big

Il est près de 21 h en ce 16 Juillet 2017. il fait bon . Soirée Echecs avec mon pote Big, comme chaque fin de semaine depuis des années. En allant chez lui à Meyrieux les Etangs j’en profite pour faire quelques photographies.

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Le vieil ami m’attends. Il croit encore pouvoir me posséder et se réjouit d’avance … hilare derrière sa porte …

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Mais ce soir je l’ai maté le vieux renard … D’habitude c’est lui qui m’envoie au tapis mais là je lui ai mis 7 à 4 ! J’ai compris une chose : ne pas perdre son sang froid avec ce joueur diabolique sinon vous êtes fait … Voici quelques situations critiques où il rame le pauvre biquet … Ahahahah. Mais j’ai l’impression que sa vengeance sera terrible. Restons concentrés !!!

J’ai les Blancs :

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J’ai les Noirs :

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Ehehehe ! Il a compris. Il est foutu !!!

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MUSILAC le 14 Juillet 2017

Hier soir à MUSILAC. J’étais au fantastique festival de Musique qui en arrive à sa 15 ème édition. Plus de 80 000 spectateurs ( à comparer aux 7000 de Jazz à Vienne). Un cadre exceptionnel. Mais j’ai mal aux pieds !!!

Une très belle soirée ! Cliquez sur l’image :

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Il y avait des artistes et groupes très connus comme MidNight Oil, Ibrahim Maalouf, Vianney, Sting, Archive … Du gros son !!! Et à cette occasion j’ai découvert le groupe Royal Republic que je ne connaissais pas. Ils ont même un morceau qui s’intitule “Baby”. Enfin, bref une soirée qui “dépote grave” ! Et là de quoi je m’aperçois-je ? Eh bien que Maalouf est capable d’approcher ces styles de musique qui frôlent le Hard Rock ou le Jazz électrique !!! Preuve ici, le morceau “Different” de Ibrahim Maalouf que je trouve assez génial… Et que j’écoute en boucle en ce moment. Je me demande même si il ne va pas intégrer ma “Play-List” !!!

En tous cas, pour ceux qui aiment le Rock, le Jazz, le Hard, MUSILAC cela devient incontournable dans le coin … Allez, salut les Ados …

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Herbie c’est d’la Coke !

Le pianiste génial Herbie Hancock s’est produit pour la 17e fois sur la scène du Théâtre antique ! Photos Le DL/Michel THOMAS

Jeudi 12 Juillet 2017 le pianiste génial Herbie Hancock s’est produit pour la 17e fois sur la scène du Théâtre antique lors du Festival de Jazz de Vienne ! Il nous a emmené, comme chaque fois, sur des sommets !  J’étais là bien entendu, car, au Festival de Jazz de Vienne je n’ai jamais raté les prestations de ce génie du Jazz Fusion. Ce type  a eu 77 ans cette année mais je peux vous dire qu’il a une sacrée pêche !Il pourrait en remontrer à bien des jeunes par  sa virtuosité, sa créativité, son plaisir évident à jouer du piano, du synthé, du vocodeur quand il est entouré de musiciens de son “calibre” dont, en particulier Vinnie Colaiuta, le batteur de Jeff Beck !!!

Le pianiste génial Herbie Hancock s’est produit pour la 17e fois sur la scène du Théâtre antique ! Photos Le DL/Michel THOMAS  Le pianiste génial Herbie Hancock s’est produit pour la 17e fois sur la scène du Théâtre antique ! Photos Le DL/Michel THOMAS Le pianiste génial Herbie Hancock s’est produit pour la 17e fois sur la scène du Théâtre antique ! Photos Le DL/Michel THOMAS  Le pianiste génial Herbie Hancock s’est produit pour la 17e fois sur la scène du Théâtre antique ! Photos Le DL/Michel THOMAS

Alors voici quelques enregistrements réalisés en live pour vous restituer l’ambiance sonore de ce moment :

– Live 1

– Live 2

– Live 3

– Live 4

J’étais accompagné de mon frère Gilles qui, lui aussi, ne devrait pas tarder à se tailler un franc succès en tant que pianiste émérite … D’ailleurs il a accompagné les plus grands, la preuve  :

La-consécration

A côté de moi se trouvait une très jolie brune. L’éclat de ses yeux noirs dans la pénombre et l’odeur de sa nuque gracile d’où s’exhalaient dans la nuit des trésors de parfum m’ont tenu éveillés et pensifs. Ainsi je n’étais pas seul au milieu de la foule. Bref ce fut encore une excellente soirée musicale ou j’ai bien pris mon pied !!! Parce que je vous le rappelle encore une fois … Ah zut j’m’en souviens plus … Cave Canem, Vae Victis, De Facto , Grrrr  … Non … Ah oui : Carpe Diem !!! Et pis c’est tout !

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Watcher of the sky

Ce fameux morceau de Rock progressif de GENESIS que j’écoute avec délectation et sans me lasser, depuis sa création c’est à dire à la sortie de l’album FOXTROT en 1972 (ça fait un bail !) a été repris par Steve Hackett en 2014 au Royal Albert Hall . Je le trouve presque mieux que l’original. Et bien j’ai refais ce morceau d’anthologie à l’aide du logiciel Ableton Live à partir d’un fichier MIDI afin d’introduire ma propre instrumentation . Je me suis bien amusé !

Voici donc les 3 morceaux :

– L’original

– Celui de Steve Hackett

– Le mien !!!

Et pour illustrer le tout voici une photo réalisée ce matin au détour d’un chemin …

PanoHuile

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