Quel développement durable ?

Toorongo River cascades

Je me dis comme beaucoup, que je suis plein de contradictions : je suis meurtri de voir à quel point on massacre notre écosystème et, en même temps (comme dirait …), je suis un fervent adepte de la technique, je possède plusieurs véhicules qui consomment  du pétrole …  Bon, je me chauffe au bois et éclaire ma maison avec des Leds mais ce doit être à peu près tout ce dont je suis capable en terme de transition énergétique … Je n’ai même pas fait installer de cellules photo voltaïques sur mon toit tellement les appels téléphoniques que je reçois à toute heure pour me le proposer pour zéro Euro me fatiguent (je ne les crois pas, ça sent l’arnaque)  … Bref je ne suis pas très cohérent … et en plus je me dis que si j’allais sur les chemins en pédalant ou si mes toilettes étaient des toilettes sèches style écolo de base, le Monde ne serait pas plus avancé … Non il me semble bien qu’il n’y a pas de solutions facilement applicables à l’échelle planétaire compte tenu de notre fonctionnement mondialisé basé sur le profit immédiat d’empires financiers incontrôlables et surpuissants et sur l’état des techniques de remplacement.  Il y a de quoi se poser des questions sur  le développement de l’humanité dans ces conditions …

Pourtant il parait assez légitime que le « développement », au sens de « développement économique » soit désiré par la quasi-totalité de l’humanité. Et moi et moi et moi !!! Or, ce développement pose de toute évidence un problème de durabilité, tant au plan écologique qu’au plan de sa généralisation à l’humanité entière. Et n’oublions pas non plus qu’il y a ceux à qui bénéficient le développement ( j’en fait encore partie …) et ceux qui en subissent les conséquences négatives, sans pouvoir influencer de manière significative sur les décisions des premiers (sauf que moi je ne prends pas de décisions…, c’est peut être là une partie du problème !)

Dans les années 70, jeune et confiant en l’Avenir, je ne pensais pas à tout ça, je n’avais pas cette perception globale de l’ampleur des enjeux que l’on a aujourd’hui. Je ressent une certaine culpabilité. Je suis né dans un pays riche. Or on voit bien apparaitre un antagonisme majeur, entre pays riches, largement responsables de la pollution cumulée sur le plan historique, puisqu’inventeurs des machines qui l’occasionnaient, et pays dénommés « en développement », plus nombreux, plus peuplés et donc potentiellement plus dangereux, s’ils venaient à suivre le même mode de développement.

La croissance économique c’est bien mais la protection de la nature c’est bien aussi ! Je vis à la campagne et pour moi, l’arbre et la rivière me sont indispensables tout autant que ma voiture … J’accède encore à un certain nombre de ressources naturelles, de services écologiques, je vis à proximité de terres fertiles … mais tout ça devient de plus en plus un luxe et ce que je consomme est de plus en plus produit par le biais de l’utilisation massive d’engrais, de pesticides, de modifications subtiles de la bio diversité que je ne suis plus en mesure de contrôler ni comprendre. Tout ça prend une tournure qui commence sérieusement à m’inquiéter.

Alors j’oscille entre plusieurs attitudes, comme dirait l’autre , ça dépend des moments …

Quand je suis en phase optimiste, en tant que technophile, je me dis que face au  problème de la raréfaction des ressources et du dérèglement des services offerts gratuitement par la nature, l’innovation technologique va apporter des solutions et pallier les problèmes qu’elle a créés, par exemple grâce à la fusion nucléaire (pas avant 2070 de façon industrielle) ou la voiture à hydrogène … La connaissance, la technique, le savoir et au final la croissance sont les solutions et non le problème. Avec la croissance la richesse croît donc doublement : par la production et par la transformation d’éléments disponibles mais jusque-là sans valeur.

Mais, par moment la rage me prend, car les acteurs les plus influents confondent trop souvent la définition de « la » rationalité avec la poursuite de leurs propres intérêts et d’autre part, le temps nous est compté. Si des solutions sont encore à venir, soit elles n’existent qu’au stade expérimental, voire même seulement théorique , soit, si elles existent, elles sont loin de pouvoir être mises en œuvre de manière rapide et à grande échelle. Ces solutions  ne présentent pas les garanties nécessaires à l’atteinte de résultats effectifs pour une transition vers un développement plus « durable », qui est de l’ordre de quelques décennies. Sans même évoquer les nouveaux risques qu’elles induisent on ne peut pas attendre de retombées immédiates …La conclusion  est que les choix techniques doivent être politisés. C’est un donc un changement « sociétal » qu’il faut souhaiter. Il faut partir des besoins, voir comment il serait possible de les satisfaire en limitant les risques divers, ainsi qu’en garantissant une certaine pérennité. C’est la piste d’une nouvelle forme de société civile, dont la motivation ne serait pas le profit, et qui conduit à privilégier « l’économie sociale et solidaire ». Ce n’est pas gagné !

Plus on creuse les questions environnementales, plus on réalise que l’ampleur de la catastrophe est pire qu’on l’imaginait. Et que les solutions sont plus exigeantes et radicales que prévues. On apprend quotidiennement que telle ou telle situation est bien pire qu’anticipée, etc … Notre civilisation moderne pourrait bel et bien  s’effondrer car la transition écologique n’est pas à la hauteur de la crise  que nous vivons. Près de 80 % des insectes auraient disparu en Europe en moins de 30 ans ; les campagnes françaises ont perdu un tiers de leurs oiseaux en 15 ans ; 60 % des animaux sauvages ont disparu dans le monde depuis 1970 ; 50 000 km2 de forêts sont rasés chaque année (deux fois la superficie de la Bretagne) ; 7 % des espèces auraient déjà été éradiquées, nous faisant entrer à une vitesse record dans la 6e extinction de masse de l’histoire de la Terre. Nos écosystèmes seraient proches du point du rupture. En un sens, on a déjà tout flingué. Alors, il y a des moments où je suis totalement découragé.  Je me dis “il est trop tard, c’est catastrophique ! La population humaine ne va pas s’arrêter à 7 milliards d’individus. La surconsommation mondiale ne peut plus s’arrêter !”, je me dis que la réalité quotidienne dans laquelle sont inscrits les pays développés est une impasse. C’est l’idée qu’il n’y a rien à attendre de la civilisation de croissance. « L’effondrement, ça fait 40 ans qu’on dit que c’est pour les générations futures et maintenant, c’est nous les générations futures » Voila ce que disent les tenants de la Collapsologie … Alors allons-y ! Finissons en, en une sorte de feu purificateur, qui remettrait en quelque sorte les compteurs à zéro, en faisant disparaitre les causes du mal-être. Il ne faut plus dépendre de systèmes dont la contre productivité est devenue toxique. En diffusant dans le monde entier un mode de vie qui s’avère ne pas être généralisable, la modernité a trahi l’universalisme ! Me reviennent en mémoire tous ces poèmes Indiens emplis de sagesse. Ah ben tiens les indiens au moins ils étaient en parfait accord avec la nature … Je fantasme sur une nature originelle, une sorte de jardin d’Eden où je me baladerai à poil au milieu des steppes retrouvant mes instincts de chasseur/cueilleur, en respirant l’air du matin et contemplant le levé du soleil, comme l’alpha et l’omega de la conscience cosmique et du bien-être… Mais très vite je reprends mes esprits. Je ne suis pas un Indien et je me caille quand je sors en slip dans la rue ! Je ne souhaite pas revenir à une forme d’obscurantisme » de l’âge de pierre … Pourtant il semble bien qu’une solution se profile : décroitre et ce, très fortement. Cela va nous demander un effort incommensurable et un changement total de nos façons de penser et nos réflexes de consommateurs. Il ne faut pas consommer mieux, mais il faut ne pas consommer du tout dans 80 % des cas et mieux (c’est à dire avec moins de ressources) pour les 20 % restants. Pas facile de supprimer le superflu … Comment soigner un cancer en phase terminale ?

Au final, ces trois attitudes définissent différentes facettes de mon questionnement sur le développement durable. Mais il n’y a pas de message clair de ce qu’il faut faire, ni de proposition très concrète et globale pour faire cette transition à l’échelle personnelle. Il faut que je persiste à  chercher du SENS, penser le long terme, pour m’orienter et déterminer ce qu’on peut raisonnablement attendre de l’avenir, en toute conscience de ces trois pistes. Et en me rappelant, même face à cet écran, que je ne suis pas un être virtuel. Il faut absolument et résolument recréer du lien avec la nature. C’est la caresse du vent sous le grand pin, le chant des oiseaux dans la vigne vierge, le doux ruissèlement de la fontaine d’eau fraîche  qui me le disent … Ne crache pas sur nous car tu craches sur toi.

Si nous ne changeons pas, ne faisons pas nous mêmes notre propre transition, le monde de l’entreprise ne changera pas, l’Etat ne changera pas, notre Société ne changera pas malgré nos beaux discours et nos belles idées, et nous disparaitrons au milieu de nos déchets. Seuls les actes comptent. Nous devons impérativement être cohérents. Mais l’issue est incertaine. Alors espérons. L’espoir c’est une bonne chose. Peut-être ce qu’il y a de mieux pour agir dans le bon sens et être imaginatifs pour innover en recherchant systématiquement le BIEN COMMUN.

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Pour cela nous devons changer radicalement notre façon de voir l’économie. Il faut définitivement passer à autre chose en évitant tant que de possible la poursuite d’intérêts personnels étroits – qu’il s’agisse d’une personne, d’une organisation ou d’un pays. Les défis auxquels nous sommes confrontés nécessitent une prise de conscience qui dépasse de loin le soi et doit donc prendre en compte l’ensemble du système économique. Pour y parvenir, nous avons un besoin urgent de mécanismes institutionnels permettant aux personnes de différentes cultures et de différents secteurs de se réunir, de se comprendre et de comprendre les défis mondiaux complexes auxquels nous sommes confrontés pour créer de nouvelles solutions. Bon ! Mais alors moi dans tout ça je fais quoi ??? Ben je change de mode de locomotion c’est déjà ça :

HarleyBab

Allez ! Un peu de musique pour fêter ça … ou écoutez ce texte en streaming audio !

NB: Cet article a donné lieu à un texte plus conséquent et sérieux  accessible ICI

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A propos jeangaillat

Marié, 2 enfants, Charlotte et Alexis
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