Ai-je raison d’être rationnel ?

headY’a des fois j’ai de ces questions

Aujourd’hui, confronté que je suis à de nombreux individus et amis (ou pas) qui ne font pas de la raison le moteur principal de leur «philosophie» personnelle je me suis dit « Ai-je raison d’être rationnel ? » Hein, je vous le demande ? Alors essayons d’y voir plus clair … Au fond c’est quoi ce rationalisme viscéral ? Si l’on s’en tient aux définitions : le motif dominant du rationalisme est l’hypothèse que la réalité peut être interprétée – et les actions humaines évaluées sinon gouvernées – par l’usage de la raison. Mais que faut-il entendre par la « raison » ?

À travers la diversité des sens qui sont donnés à ce terme, il semble cependant que quelques traits distinctifs puissent être admis :
– la raison est intelligence plutôt qu’instinct ou réactions affectives ;
– la raison renvoie à des principes, cadres de la connaissance et de l’action, qui sont plus ou moins explicites mais appellent et supportent l’élucidation ;
– la raison procède par enchainements de concepts et non par juxtaposition et enchevêtrement d’images, de métaphores et de mythes confus.

Alors, certes, on peut penser que le rationalisme est dogmatique, lorsque la raison, considérée comme seule source déterminante de la connaissance, et par ses seuls principes à priori, prétend atteindre la vérité, particulièrement dans le domaine métaphysique. En effet,  la raison est limitée puisque la réponse à tant de questions nous échappe.

Mais, au nom de l’incomplétude de nos connaissances, faut-il se satisfaire de crédo  plus ou moins arbitraires, incohérents ou improbables ?

Je souhaite nuancer mon propos cependant, car si la raison fait bien partie des qualités essentielles à mes yeux, il m’apparait que la promotion de la raison comme la plus éminente des qualités humaines peut nuire au développement d’autres importantes qualités humaines au point de les dévaluer. Ces autres qualités telles que intuition, imagination, empathie, dévouement, sociabilité, créativité… ont une composante affective beaucoup plus forte . Elles participent néanmoins tout autant au fonctionnement de l’intelligence (et j’espère de la mienne, hein Clignement d'œil) qui a besoin d’émotions pour mémoriser et pour décider. (j’aime beaucoup raisonner mais il n’empêche que je peux  pleurer en contemplant une belle nuit étoilée… allez-savoir pourquoi ? Et là, il n’y a point de raison dans ce comportement !)

Du coup, privilégier  la seule raison parmi les facultés dites “supérieures” reviendrait à sous-estimer toutes les activités humaines à composante irrationnelle comme les arts ou la littérature et une bonne partie des actes de la vie relationnelle privée ou publique qui font que nous sommes des hommes. Cet  hyper rationalisme poussé à ses limites pourrait aboutir à une société hiérarchisée sur des critères de cérébralité (on en est pas loin …)  : tout en  haut, les ascètes de la réflexion et de la recherche dominant les échelons inférieurs de ceux qui se laissent peu ou prou conduire par leurs émotions. Une sorte de condescendance s’instaurerait à l’égard des activités les moins cérébrales et de ceux qui les pratiquent. Du coup,  dans un monde où le rationalisme serait poussé à l’extrême le risque serait la disparition de l’ humanisme …  « l’humanisme qui au sens moderne,désigne toute pensée qui met au premier plan de ses préoccupations le développement des qualités essentielles de l’homme et qui dénonce ce qui l’asservit ou le dégrade. »

On pourrait donc se dire : méfiance donc … Oui mais la méfiance dans la raison – qui est l’opposé de l’hyper rationalisme – peut faire trop de dégâts  pour ne pas être dénoncée avec la plus grande énergie car l’opinion publique qui est en générale toute puissante est conservatrice par nature et particulièrement sensible aux émotions souvent mauvaises conseillères.  Et puis c’est également du fait de notre facilité à suivre nos émotions qu’un discours simpliste qui désigne un bouc émissaire dont la simple élimination sera une solution à un problème donné aura beaucoup plus de portée qu’un discours qui consiste à dire que les choses ne sont pas si simples. Malheureusement, les choses sont complexes, et céder à la facilité c’est s’assurer que le problème nous reviendra dans la face décuplé quelques temps plus tard. Ceci étant dit, je respecte  les conduites irrationnelles, qu’il s’agisse des religions ou des croyances de toute nature, dans la mesure où elles s’affichent comme telles et pourvu qu’elles ne prétendent pas régir ma vie et celle de mes proches.

C’est pourquoi, au final, il me parait que j’ai raison de raisonner … et qu’ il me parait juste et bon de posséder soi-même et de répandre  le goût de la réflexion, le souci de la vérification des données, la méfiance à l’égard des intuitions, le sens des idées claires et distinctes, le recours aux définitions et aux comparaisons, la rigueur dans les relations de causalité, l’intérêt pour les expertises scientifiques ou les enquêtes sociologiques.

Et pis c’est tout ! Ceci étant je viens de me prouver tout seul à moi même que j’ai raison… Là il y a peut être un “blème” Déçu

 

Citations de Léonard De Vinci :

“Dans la nature, tout a toujours une raison. Si tu comprends cette raison, tu n’as plus besoin de l’expérience.”

« Toute connaissance commence par les sentiments »

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A propos jeangaillat

Marié, 2 enfants, Charlotte et Alexis
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